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Tout a fini sur une route de Louisiane le 29 juin 1967
Simon Liberati   Jayne Mansfield 1967
Grasset - Ceci n'est pas un fait divers 2011 /  16 € - 104.8 ffr. / 196 pages
ISBN : 978-2-246-77181-4
FORMAT : 13cm x 20,5cm
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La Buick Electra que conduisait trop vite son chauffeur vient s’encastrer sous un camion. Jayne Mansfield, actrice sexe symbole mondialement célèbre, est tuée sur le coup. Simon Liberati remonte le cours des deux années précédentes. Grandeur et décadence… Partant de là, le lecteur sera surpris, déçu, choqué, fasciné.

On s’embarque vers les étoiles hollywoodiennes pour connaître la rivale de Marilyn Monroe et on se retrouve projeté sur cette route US 90 dans la nuit moite. L’auteur imagine et reconstitue avec un souci maniaque du détail. Sa chronique tourne autour de cette carrosserie violentée. Il écrit «la caméra sur l’épaule», des ralentis vertigineux frôlent des bouts de tôle, de perruque, examinent une tâche d’alcool, se glissent entre les témoins. On n’est pas ici dans une biographie, encore moins dans un essai mais dans un roman. Il en fait trop ? Trop tard ! Sa chronique hyperréaliste nous emmène.

La littérature se nourrit d’ambiguïté. L’héroïne d’abord. Celle qui s’est fait connaître comme mambo queen, la femme objet provocante est aussi quelqu’un de cultivé, parlant plusieurs langues. Cette femme «sauvage, texane, virevoltante, ultraviolente» est aussi pianiste et violoniste… Simon Liberati varie les points de vue pour remonter le temps ; il examine des clichés, cite des articles de la presse américaine, parcourt les biographies existantes, nous fait fouiller dans les nombreux albums où la star gardait trace de tout ce qui la concernait. On la voit exclue d’un festival, on entre dans les coulisses sordides de petits cabarets, et plus on avance, plus cette découverte devient poignante. La movie star n’est plus qu’un faux semblant.

L’auteur ne l’accable pas, il dit juste les choses avec une minutie terrible. «Elle était devenu un monstre, un des freaks les plus spectaculaires de l’industrie du spectacle… une existence comparable à celle d’une femme à barbe ou d’un elephant man qui aurait eu plusieurs dizaines de millions de fans». Elle se voit pourtant comme la dernière réincarnation de la divinité cinématographique ; portée par une force intérieure, elle veut pousser à bout ce destin. Incidents, procès, affronts, séjours à l’hôpital s’accumulent. Tout en gérant son image de star auto-promue dans les magazines à scandales, elle enchaîne les prestations minables sur fond de drogue et d’alcool.

Et toute cette histoire fascine : cette femme intelligente au QI de 160 flirtant avec une secte sataniste tenue par un ancien forain, cette femme demandée en mariage cinq fois par jour «ayant fini d’être belle», accepte de devenir un monstre de foire pour entretenir l’attention. Avec elle c’est toute une époque et son usine à rêve hollywoodienne qui semble faire naufrage. Oui, cette movie star a été façonnée par la Fox pour faire pendant à Marilyn. Et avec Hollywood à bout de souffle, sur fond de guerre du Vietnam, cette décadence prend des couleurs crépusculaires fascinantes. Ces voitures roses, ces chihuahuas, ces psychotropes, ces extravagances au mauvais champagne, tout cela prend les accents contrastés d’une perte d’innocence, d’un personnage et d’une époque.

Jayne Mansfield avait tout pour être une véritable actrice, nous laissant quelques grands films ; on s’en souvient comme d’une marionnette sexy, icône dérisoire de toute une époque. Histoire belle et triste. Désenchantement… un des plus jolis mots de notre langue.


François Dirson
( Mis en ligne le 03/10/2011 )
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