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La fille en noir et le banquier
Cécile Guilbert   Les Républicains
Grasset 2017 /  19 € - 124.45 ffr. / 252 pages
ISBN : 978-2-246-85299-5
FORMAT : 13,0 cm × 20,5 cm
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Un roman alerte et grinçant dont l’action se passe en novembre 2016. Thierry Ardisson réunit pour son émission les anciens, devenus célèbres (Jean François Copé, David Pujadas, Anne Roumanoff…), d’une promotion de Sciences Po, celle de 1986. Trente ans se sont écoulés, nombre d’entre-eux se sont revus, tous se sont croisés dans un Paris au cercle étroit. À l’issue de l’émission, alors que les invités se dispersent, la narratrice croise Guillaume Fronsac, un banquier d’affaires, de la même promotion, venu rencontrer Jean-François Copé, qui lui lance : «Non, je n’y crois pas, la fille en noir !»

S’ouvre alors pour les deux protagonistes - la «fille en noir», essayiste reconnue («fille mystérieuse», selon les termes d’Ardisson), et le banquier d’affaires prospère, au riche mariage – quelques heures de marivaudage, d’errance dans le quartier du Louvre, de la place de la Concorde, de la place des Pyramides, des Tuileries, du Meurice. Dans ces lieux au centre du Paris du Pouvoir, s’entremêlent les souvenirs de l’Histoire, de l’Empire, de la Révolution, de la Commune, et un état des lieux contemporain. Sans refaire leurs parcours durant ces trente années, ils analysent avec lucidité l’état de la société, croisent rue Saint-Honoré Martine Aubry, accompagnée d’Aquilino Morelle, Alain Minc, Jean-Pierre Jouyet, figures du pouvoir qui se rendent peut-être à un dîner du très privé et très sélect cercle ''Siècle''.

Ils évoquent les figures qui les ont marqués : Séguin, Rocard, des «losers» incapables de remporter l'élection présidentielle - «Les Français vénèrent les losers, non ? – Pas les losers, les meilleurs ! Dévoués corps et âmes à la res publica, les grands serviteurs de la chose publique qui tombent toujours sous les coups bas des leurs, à savoir ces types qui ne sont que des hommes politiques, c’est-à-dire des bêtes puisqu’on les reconnaît précisément à leur absence de morale…»

Ils comparent leurs vies : elle qui a choisi d’écrire, lui qui a aimé le pouvoir discret des cabinets ministériels ouvrant naturellement leur porte à ce jeune énarque brillant que son rang de sortie a propulsé à l’Inspection des Finances, cursus républicain et prestigieux qui lui permit d’alterner postes dans la haute administration et «pantouflage» qui le vit devenir banquier d’affaires. Lui, installé dans une vie sans grandes surprises somme toute, elle en équilibre dans son choix d’intellectuelle précaire ; lui habitant un somptueux appartement rue Las Cases, elle une maison improbable et chaleureuse dans une cour du quartier Bastille.

L’intérêt du livre tient aussi au style, Cécile Guilbert, auteur entre autres d’un essai reconnu sur Saint Simon, sait écrire et analyse avec brio les émois et troubles intérieurs des deux personnages (avec une part d’autofiction), et surtout dresse un tableau amusé, critique d’un Paris des élites au pouvoir. Le trait est juste et le lecteur se laisse avec plaisir prendre au charme désabusé de cette promenade commencée à dix-sept heures qui s’achève à minuit, qui l’entraîne à s’interroger sur le sens d’une vie, les choix faits, les voies différentes à partir de situations qui semblaient similaires : «Disons que j’ai été heureux quand j’ai cru qu’assouvir mon ambition et mes désirs suffirait à m’installer dans… le bonheur, précisément. Puisque j’avais coché toutes les cases. Or la vie n’est pas si simple, pardon d’enfoncer cette porte ouverte, mais c’est vrai…», constate son personnage.

Une lecture plaisante à lire, et dont on suggère la lecture en parallèle avec le texte de Marc Lambron (né en 1957), Quarante ans, qui paraît au même moment chez le même éditeur, Grasset ; son journal rédigé par l’auteur en 1997 qui, comme Cécile Guilbert (née en 1963) donne à voir, avec un très léger décalage chronologique, les personnages réels d’une même histoire, celle des élites parisiennes issues des mêmes parcours, Sciences Po, l’ENA...


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 10/03/2017 )
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