L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Vendredi 24 novembre 2017
  
 
     
Le Livre
Littérature  ->  
Rentrée Littéraire 2017
Romans & Nouvelles
Récits
Biographies, Mémoires & Correspondances
Essais littéraires & histoire de la littérature
Policier & suspense
Classique
Fantastique & Science-fiction
Poésie & théâtre
Poches
Littérature Américaine
Divers
Entretiens

Notre équipe
Essais & documents
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Poches
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Littérature  ->  Romans & Nouvelles  
 

Exhumer la vérité
Christian Schünemann   Jelena Volic   Couleur Bleuet
Editions Héloïse d’Ormesson 2017 /  21 € - 137.55 ffr. / 368 pages
ISBN : 978-2-35087-401-2
FORMAT : 14,1 cm × 20,6 cm

Odile Demange (Traducteur)
Imprimer

Attention, nous avons à faire ici à un page-turner formidable ! Belgrade, octobre 2004 : Milena Lukin, 49 ans, divorcée, conduit tant bien que mal une Lada, aime les cigarillos et s’habille n’importe comment. Son ex-mari, Philip, vit à Hamburg ; elle a donc un passeport allemand. Elle travaille à l’institut de criminologie de Belgrade pour la répression des crimes du conflit dans l’ex-Yougoslavie, rémunérée à la fois par l’Allemagne et la Serbie. «Milena était censée constituer une unité de formation et de recherche sur les poursuites pénales et la juridiction internationale, mission pour laquelle les autorités serbes lui mettaient dans les roues tous les bâtons possibles» (p.36).

Elle fait aussi des recherches pour une thèse de doctorat qui lui permettrait de quitter la Serbie, où elle vit chichement avec son fils et sa mère, et partir enseigner dans un pays plus riche. Elle reçoit un appel téléphonique de son ami Sinisa, Montenegrin ayant perdu son statut d’avocat en voulant démontrer la corruption du fils de l’ancien dictateur dans les années 90. Dans la nuit du 11 au 12 juillet (date anniversaire du génocide de Srebenica où 8000 hommes ont été massacrés en 1995), deux jeunes cadets de la garde d’élite, à la veste d’uniforme couleur bleuet, sont retrouvés morts dans l’enceinte de leur caserne. Les instances militaires concluent rapidement à un double suicide et à un rituel sectaire.

Mais une commission indépendante allemande, qui a étudié la balistique, affirme qu’ils ont été assassinés par un tiers. L’enquête secrète de Milena et Sinisa débute secrètement sur un rythme endiablé. Le colonel des deux cadets, après avoir donné rendez-vous à Milena, est retrouvé égorgé sur son bateau (lui aussi apparemment suicidé). Les familles ont des doutes et contactent les deux enquêteurs. Milena, plus téméraire et inconsciente que l’avocat, met sa vie en danger avec ses questions qui dérangent, pensant que les deux «bleuets» ont vu une réunion interdite.

L’arrière-plan politique est compliqué, complété par une haine latente entre les différentes ethnies, orthodoxes et musulmanes, ce qui complique les recherches discrètes de notre duo, par ailleurs menacé par l’armée et la pègre, résidu de l’es-Yougoslavie, ayant tout intérêt à brouiller les pistes. Comment avancer et faire face à tous ces ennemis dans un contexte plus ou moins hostile ? Comment prouver la vérité ? Les stigmates du conflit rongent encore les esprits et les corps. Les bâtiments témoignent de la violence des événements et sont toujours des plaies béantes depuis les années 90.

Ce roman est un polar aux dimensions géopolitiques, une fiction basée sur des faits réels. Les personnages sont très attachants, bien marqués, sur une peinture précise d'une Serbie encore déchirée. Une note d’humour et d’autodérision allège l’atmosphère lourde et angoissante du récit. Les auteurs, l’Allemand Christian Schünemann, journaliste, et Jelena Volic, née à Belgrade, professeure spécialisée de littérature allemande, qui vit entre Berlin et Belgrade, se complètent parfaitement. Il faut également souligner la parfaite traduction d’Odile Demange. «Les anciens soldats bossent comme ça, les malheureux sans feu ni lieu qui occupent l’échelon le plus bas de la hiérarchie des unités paramilitaires et se chargent du sale boulot : ils intimident, font chanter et assassinent sur l’ordre des nationalistes qui cultivent encore des fantasmes de pouvoir et de Grande Serbie» (p.294).


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 03/04/2017 )
Imprimer
 
SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

 
  Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2017
Site réalisé en 2001 par Afiny
 
livre dvd