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Pièce d’identité
Khalid Lyamlahy   Un roman étranger
Présence Africaine 2017 /  20 € - 131 ffr. / 186 pages
ISBN : 978-2-7087-0896-9
FORMAT : 13,5 cm × 20,0 cm

L’auteur du compte-rendu : Arnaud Genon est docteur en littérature française. Il enseigne actuellement les lettres et la philosophie en Allemagne, à l’Ecole Européenne de Karlsruhe. Visiting Scholar de ReFrance (Nottingham Trent University), il a publié plusieurs essais dont Hervé Guibert, l'écriture photographique ou le miroir de soi (en collaboration avec Jean-Pierre Boulé, PUL, 2015) et un roman (Tu vivras toujours, Rémanence, 2016). Il dirige et anime les sites herveguibert.net et autofiction.org.
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Le narrateur d’Un roman étranger est un jeune homme, étudiant, vivant dans une capitale sans nom qui s’apparente à Paris. D’origine étrangère, il doit renouveler sa carte de séjour et franchir les différents obstacles que de telles démarches administratives comportent. Mais il a aussi, plus généralement, à lutter avec lui-même, avec le roman entrepris qui n’avance pas, avec l’ami Lucien, peintre déprimé, qui le renvoie à sa propre condition, à la difficulté qu’il y a à créer, à «l’expérience de la page blanche», avec Sophie, enfin, la fille dont il est amoureux sans le savoir et à qui il tarde à déclarer sa flamme invisible.

Un roman étranger, c’est le récit d’un moment de crise, de doutes, de questionnements, d’attentes. Le temps est suspendu à l’aboutissement de l’obtention de sa carte, à ce «sentiment étrange qui […] prend [le narrateur] à chaque fois que [s]on titre de séjour s’apprête à expirer et qu’[il] imagine la procédure de renouvellement qui s’élève devant [lui] telle une montagne insurmontable, un labyrinthe de démarches […] qui commence et se termine dans l’impatience et l’angoisse». Ainsi, plus rien n’a d’importance ou tous les éléments qui entourent le narrateur prennent une importance nouvelle. Il observe son environnement, les personnages qu’il côtoie ou qu’il croise dans les cafés, les lieux, les objets avec un regard accru, aiguisé. Il s’observe aussi, s’interroge sur le sens de ses actes, sur son écriture, sur ses proches.

Dans sa deuxième partie, le roman devient le lieu de mises en abyme. Le narrateur évoque l’écriture de son roman qui semble être le roman que le lecteur tient dans ses mains, ou résume, plus loin, la vie d’un personnage de roman qu’il est en train de lire et qui ressemble, à s’y méprendre, au narrateur du roman que nous lisons : «Comme à chaque fois, c’est avec ce même plaisir indicible que je retrouve ce personnage attachant […]. Je le suis […] traînant ses déceptions insubmersibles dans une ville inconnue qui ressemble étrangement à la capitale, affrontant des complications techniques décourageantes ou luttant contre des lourdeurs administratives insurmontables». Ces dédoublements révèlent un des enjeux véritables de l’écriture de Khalid Lyamlahy : l’identité. La pièce d’identité après laquelle il court, de manière kafkaïenne, de démarches en démarches, l’identité d’un «je» qui, dans un même mouvement, se défile et s’affirme dans l’écriture du roman.

«Ecrire l’histoire de son premier roman comme on raconterait son existence. […] Ecrire comme on se cherche, c’est-à-dire en sondant les moindres recoins sombres du personnage qu’on est ou qu’on croit être», note le narrateur… à moins que ce ne soit l’auteur qui prenne ici la parole. Un roman étranger est un livre spéculaire, celui d’une quête qui prend le prétexte d’une carte de séjour pour sonder le moi et la fiction dans toute leur complexité. Un premier roman réussi et prometteur.


Arnaud Genon
( Mis en ligne le 02/10/2017 )
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