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Le triangle rose
Daniel Arsand   Je suis en vie et tu ne m'entends pas
Actes Sud - Babel 2018 /  7,90 € - 51.75 ffr. / 272 pages
ISBN : 978-2-330-09070-8
FORMAT : 11,0 cm × 17,5 cm
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Klaus Hirschkue (''la biche'' en français), 23 ans, à bout de forces et d’une maigreur extrême, revient chez ses parents à Leipzig, ville entièrement détruite par les alliés en février 1945. Fantôme parmi les ruines, il vient de passer quatre ans à Buchenwald ; c’est un ''triangle rose'', homosexuel mis dans les camps de concentration en vertu du paragraphe 175 du code pénal allemand, qui date de Bismarck et punit les invertis de prison. Cet article sera abrogé en 1994 même s’il n’est plus utilisé depuis les années 70. Les triangles roses ont été encore plus maltraités dans les camps que les prisonniers de droit commun et les prisonniers politiques. Ils ont subi plus de viols, de tortures ; beaucoup ont été châtrés ou mangés par les chiens.

Klaux n’est pas bien accueilli par sa famille qui ne l’attendait plus, son frère espérait rester seul, petit caïd qui fricota avec les nazis pendant la guerre. Klaus a honte, il est mal à l’aise, si différend de ceux qui ne comprennent pas. Il se sent étranger dans sa ville, dans son pays. Il a été dénoncé et son grand amour de jeunesse, Heinz, s’est défenestré à l’arrivée des nazis dans l’appartement qu’ils partageaient le week-end. Le titre est une adresse de Klaus à son amant : ''Je suis en vie et tu ne m’entends pas».

Un matin, seul dans l’appartement, il répète trois fois sa toilette, comme un rituel ; il réapprend qu’il a un corps. Il quitte sa famille, ce qui le sauve de la honte et de la médiocrité. Il a eu deux naissances, la seconde dans le camp, la plus terrible, la plus vraie. Hanté par les scènes d’horreur, il comprend que l’enfer dont il revient ne quittera jamais sa mémoire, mais une partie de lui se redresse et renaît à la vie. C’est un être lumineux, fait pour l’amour et l’amitié.

Il se détache de Leipzig, après avoir travaillé chez un tailleur avec un ami français, René, libéré des camps lui aussi. Il part à Paris avec cet ami dont Anne attend le retour. La France lui permet de se reconstruire même s’il est d'abord traité de sale Boche. Il s’intègre peu à peu, apprend la langue facilement, ce qui lui permet de mettre à distance ce qu’il a vécu «là-bas». Son vieil ami, le tailleur Anselme Heurtebanne, lui lègue son atelier. Il retrouve alors l’amour avec Julien, un menuisier.

On le suit pendant plusieurs décennies, toujours rongé par ses fantômes intérieurs mais plus fort aussi ; il atteint une forme de bonheur, il a survécu et il vit. Quand Julien meurt tabassé pour être un «sale pédé», Klaus retrouve ce fil rouge liant sa déportation au présent. Il se met à écrire sur ce qu’il a vécu pour témoigner et se soigner. Il devient une icône et s’engage dans les mouvements contre le Sida. Capable de violence, il assume son homosexualité et refuse la destruction de son être (il avait accepté de coucher avec un Kapo pour ne pas mourir...).

Un roman magnifique, dur mais salutaire, qui rend hommage à tous les homosexuels pour leurs combats, et qui plaide en faveur de l’acceptation de la différence, de la tolérance. Daniel Arsand a façonné une langue digne pour dire ce combat, un combat incessant. «Que c’était stimulant, rassurant, source de joie que de désirer ! Le bonheur avait par instants, un éclat inouï. Ce n’était donc pas pour rien qu’il n’avait pas laissé sa peau à Buchenwald».


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 04/05/2018 )
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