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Littérature  ->  Essais littéraires & histoire de la littérature  
 

Words, words, words
Belinda Cannone   Christian Doumet    Collectif   Dictionnaire des mots manquants
Thierry Marchaisse Editions 2016 /  16.90 € - 110.7 ffr. / 211 pages
ISBN : 978-2-36280-094-8
FORMAT : 14,0 cm × 20,5 cm
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Le titre de l’ouvrage que voici pourrait tromper qui se limiterait à lui pour en déduire le contenu car il ne s’agit pas, pour les nombreux auteurs qui se sont prêtés au jeu, de proposer des néologismes pour combler des lacunes du vocabulaire français, lacunes qui apparaîtraient soit par le fait qu’un mot étranger n’y trouve pas son équivalent direct, soit qu’une dissymétrie marque une absence. Ainsi, par exemple, ne trouvera-t-on pas de traduction du terme anglais shallow, bien connu pour ne pas avoir d’équivalent français direct, non plus que, pour citer la quatrième de couverture, l’on ne proposera de mot désignant le parent qui a perdu un enfant, lacune symétrique de l’orphelin. Le propos consiste plutôt, pour reprendre les termes de l’introduction, à «explorer le manque au cœur de l’expression verbale» ou encore «proposer et décrire une zone de sens qui n’est couverte par aucun mot de la langue française». Plutôt que des «mots manquants», il s’agirait donc peut-être ici davantage du manque de mots ou des manques d’un mot…

Alors, dans ce cadre ainsi défini, comment faire un dictionnaire si l’on ne propose pas de mots nouveaux ? Pour répondre à ce défi, les promoteurs de l’ouvrage ont eu une idée doublement ingénieuse : chaque auteur se voit tenu de fournir une «triangulation méthodique du vide» destinée à cerner le manque à décrire, ceci au moyen de trois mots, l’un principal, dit le «mot clef», pointant le «manque» et les deux autres de sens voisin ou connexe, cernent ainsi la zone vierge de mot ; par ailleurs, pour faciliter l’usage de l’ouvrage, figurent in fine une table donnant une entrée par mot clef listant chacune des contributions et un index rassemblant tous les termes des «triangles». Ce dernier permet une navigation au hasard des concepts, une errance que les promoteurs du dictionnaire appellent de leurs vœux et que l’auteur de ces lignes recommande à son tour.

Pas moins de quarante-quatre auteurs ont ainsi été mis à contribution, certains pour plusieurs entrées, le nombre total de ces dernières se montant ainsi à cinquante-neuf. Cette abondance d’auteurs, qui ne sont pas uniquement des romanciers, implique nécessairement une grande variété dans les thèmes abordés comme dans les styles mis en œuvre, ce qui ne constitue pas le moindre charme de l’ouvrage. Chacun d’eux a en effet eu toute liberté pour exprimer sa personnalité, voire ses obsessions au travers de cette «cartographie du manque», seule figure imposée.

De cette variété, de ce kaléidoscope, il est évidemment très difficile de donner une idée fidèle. On se bornera à quelques exemples destinés avant tout à montrer que l’humour est peut-être le dénominateur commun, même si le sérieux, voire le tragique sont également présents. Ainsi, celui qui affirme que «tous les mots lui manquent» répond-il par la partition du début de la première barcarolle de Fauré, la musique exprimant davantage que la langue. Ainsi un autre triangule-t-il en partant de «X» avec les mots «truc» et «bidule», pour tenter de cerner le «je ne sais quoi» ! Ou encore celui qui triangule avec trois fois le même mot, «words, words, words» sans toutefois rester prisonnier de son triangle «impossible»… Ou enfin, l’inattendu triangle «Iberté, Galité, Ternité» (sic) qui témoigne d’une autre forme du manque ! Bien entendu, derrière ces triangles, les textes développent avec plus ou moins de bonheur les lacunes ainsi cernées, mais au-delà de l’inévitable hétérogénéité de fond et de forme, la qualité et l’intérêt se démentent rarement.

Bref, au hasard de son errance, chacun pourra trouver ici matière à réflexion, à stimulation, et pourquoi pas, pourra se livrer soi-même au jeu et tenter d’ajouter sa propre contribution à ce dictionnaire d’un genre nouveau qui se rangera moins au rayon des encyclopédies que dans celui des essais, essais transformés sans aucun doute.


Jean-Etienne Caire
( Mis en ligne le 20/06/2016 )
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