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Littérature  ->  Essais littéraires & histoire de la littérature  
 

Histoire et commentaires littéraires
Philippe Sollers   Complots
Gallimard - Blanche 2016 /  19 € - 124.45 ffr. / 240 pages
ISBN : 978-2-07-013761-9
FORMAT : 14,0 cm × 20,5 cm
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Comme les vieux chanteurs qui peinent à exister (et à convaincre parfois) en sortant un ultime album, Philippe Sollers, né en 1936, (se) publie sans cesse pour montrer qu’il est encore présent dans le monde littéraire. Il est étrange que Gallimard ne l’ait pas encore remercié (contrairement à Millet, bien plus jeune). Mais le bordelais sait rester totalement consensuel et assez banal lorsqu’il faut s\'indigner. Lui-même avoue dans Complots, recueil d’articles et d’entretiens paraissant ces jours-ci et faisant suite à de précédents recueils critiques, qu’il ne serait plus édité s’il ne faisait pas partie du comité de lecture de la prestigieuse maison d’édition. Pas sûr en fait, sauf si ces livres ne se vendent pas.

Sollers, s’il a marqué les décennies 60-80 par ses trouvailles stylistiques, ses influences littéraires, son pouvoir éditorial, sa grande érudition, ses engagements politiques, peine depuis une vingtaine d’années à convaincre les foules autrement que par sa présence médiatique. D’Une grande solitude à Femmes, il marqua la littérature romanesque de l’après Nouveau Roman. Reste que son regard peut encore surprendre et c’est peut-être le cas avec Complots qui sonne malgré tout le réchauffé (en témoignent les sept entretiens qui terminent le livre, comme si l’inspiration, même critique, lui faisait défaut).

Chez Sollers, le complot est artistique, et heureusement qu’il se forme pour échapper à la bêtise ambiante (selon lui, le marché financier et numérique ; forcément contraire à toute tentative esthétique et annonciateur de la mort de l’art). Retrouvailles avec Mme de La Fayette, Shakespeare, Flaubert, Goethe, Dada, Proust, Stendhal, Machiavel, Céline, Colette, Casanova, Voltaire, Fitzgerald, Rimbaud, les Dieux grecs, la Chine et Heidegger. Ne cherchez pas le lien commun, il n’y en a pas, si ce n’est cette guerre du goût cher au cœur de l’écrivain curieux et jamais rassasié de littérature, qu\'elle soit historique ou purement stylistique.

Souvent, c’est la sortie en Pléiade (Sollers lit beaucoup de pléiades dans son petit bureau de la rue Gaston Gallimard !) d’une œuvre complète qui entraîne un petit commentaire du \'\'professeur\'\'. Encore une fois, l’historien de la littérature nous permet de nous replonger dans les secrets de tel ou tel écrivain, de la naissance d’un roman ou de la rencontre de deux surréalistes (Baron et Leiris par exemple, héros d\'un très bel article.). C’est plaisant à lire et l\'on en sort moins bête. Plus dur est le commentaire composé auquel l\'écrivain se plie sous forme d\'entretien concernant Heidegger et Rimbaud (Une saison en enfer). Pédagogiquement, on est loin d\'Antoine Compagnon (qu\'il étrille ironiquement en regrettant le Barthes du Collège de France), et proche plutôt d\'un cours de chinois, langue et culture qu\'il affectionne tant !

Félicitons néanmoins ce cher Sollers, son sourire en coin, de nous parler littérature à une époque où cette dernière tend à disparaitre, d\'abord sur papier au profit du tout numérique (où les immondes tablettes ont remplacé le livre), ensuite dans les médias où nos animateurs-journalistes incultes prennent d\'assaut les temps d\'antenne. Rouvrir une Pléiade (même si elle reste exceptionnellement chère), prendre le temps de la lecture, et savourer le génie d\'un Saint-Simon ou d\'un Casanova restent peut-être les derniers actes licencieux de cette époque totalement indécente... que Sollers révèle en toile de fond.


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 11/11/2016 )
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