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Fin du premier amour
Raymond Guérin   Zobain
Finitude Editions 2015 /  19 € - 124.45 ffr. / 254 pages
ISBN : 978-2-36339-057-8
FORMAT : 13,5 cm × 20,0 cm
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Raymond Guérin (1905-1955) est un auteur singulier et méconnu. Un Dostoïevski français pourrait-on dire pour résumer mais dont l\'œuvre reste inachevée ; l\'homme est emporté par un cancer à l\'âge de 50 ans. Restent quelques ouvrages tels que Quand vient la fin. Après la fin (1941), L\'Apprenti (1946), Les Poulpes (1953) ou encore Retour de Barbarie (1946) qui scrutent les recoins du sordide de l\'existence (l\'agonie du père ou la condition misérable du travailleur), analysent le totalitarisme (l\'expérience du stalag) ou dissèquent la société parisienne d\'après guerre. Guérin est un romancier et un chroniqueur intransigeant et rigoureux, dont la prose, dense et violente, injecte son sérum de vérité dans les âmes distanciées des lecteurs naïfs.

Zobain est son premier roman, écrit en 1936. On rend hommage aux éditions Finitude (qui ont déjà réédité les excellents Du côté de chez Malaparte et Retour de barbarie) de publier en pleine rentrée littéraire un roman épistolaire de 1936 dont les thèmatiques principales sont le gouffre amoureux, la maladie, la solitude et l\'incompréhension du sexe faible. Sans oublier une manipulation des genres littéraires qui ne tend qu\'à dissimuler un récit autobiographique chapitré !

Un homme, Zobain, écrit à un ami le calvaire que lui et sa femme ont vécu après quatre ans de vie commune : la dépression de la jeune femme. On comprend assez vite que la chasteté qui régnait entre eux a déréglé le corps puis l\'esprit de la jeune femme qui commence à se plaindre de maux de ventre (tout viendrait de là chez la femme vierge ou enceinte). La fonction n\'est pas remplie, l\'hystérie galopante enflamme tout et le couple explose en vol. Zobain tente de décrire, avec la minutie qui caractérise l\'auteur, la situation qui va le séparer définitivement de sa femme. D\'abord la maladie qui isole (elle est entourée de médecins quand lui peine à lui témoigner de la compassion et de l\'aide), les corps séparés par les maisons de repos, les esprits qui ne se comprennent plus, enfin la décision de la femme, qui une fois guérie, accuse le mari et le laisse à sa littérature.

Livre clinique sur le couple et sa tragique impossibilité biologique (Guérin avoue avoir écrit ce qu\'il a vécu à la virgule près), Zobain, roman autobiographique donc, met un point d\'honneur à décrire une vérité psychologique au point d\'écœurer son lecteur tant les descriptions de la vie quotidienne sont à la fois précises et vaines. Et de s\'interroger sur les fondements d\'une union hétérosexuelle biaisée d\'avance : \"Pendant des années, on s\'entoure de liens, on s\'attache solidement l\'un à l\'autre par mille preuves, mille soins, mille souvenirs, mille plaisirs. Puis un beau jour, pour un prétexte inattendu, tout se défait, tout se rompt. Chacun s\'en va à la dérive. Tout ce qui a été n\'est plus rien et même les souvenirs parfois il faut les ternir, tellement on s\'acharne à nier ce passé\".

Des mots simples mais qui soulignent d\'autant plus l\'aspect froid et trivial des relations amoureuses ; Guérin, écrivain sombre et dialectique, offre dans ce premier roman (parfois inégal, avec quelques longueurs) la description chirurgicale d\'un amour qui sombre dans l\'oubli et le deuil. La concubine voulait qu\'il l\'a rende femme, puis une femme heureuse, mais Zobain a échoué. Il sera puni. La version littéraire qui est donnée du drame est masculine, la réalité, elle, est féminine !


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 16/09/2015 )
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