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Rivière sauvage
Ron Rash   Le Chant de la Tamassee
10/18 - Domaine étranger 2017 /  6.90 € - 45.2 ffr. / 260 pages
ISBN : 978-2-7578-6457-9
FORMAT : 10,8 cm × 17,8 cm

Première publication française en janvier 2017 (Seuil, Cadre vert)

Isabelle Reinharez (Traducteur)

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Né en 1953 en Caroline du Sud, Ron Rash est un écrivain américain de la nature et du sud des Etats Unis. Auteur remarqué de romans policiers (Une terre d'ombre), il est aussi un romancier engagé, défenseur de la nature. Saints at the River (2004), traduit en français sous le titre Le Chant de la Tamassee, du nom de la rivière principale, héroïne du livre, est à plus d'un titre un conte contemporain.

Au bord de cette rivière, frontière entre la Caroline du Sud et la Géorgie, une famille d'Américains aisés pique-nique. Une halte qu'on imagine paisible ; la fillette de douze ans laisse ses parents et son frère au soleil, pour entrer dans la rivière et réaliser un objectif : avoir un pied dans chaque état, petit exploit qu'elle racontera à ses amies au retour. Le lecteur est plongé dans la pastorale américaine.

Sauf que... la nature décide toujours, quoiqu'en pensent les humains présomptueux, et la petite fille se noie, emportée par un tourbillon. La rivière séduisante est en fait un cours sauvage. En dépit de ses efforts, sa mère ne parvient ni à la sauver ni à ramener son corps à la surface. Ce qui pourrait être un fait divers devient le lieu d'un affrontement qui dépasse de beaucoup les divers acteurs du drame. Les parents, dévastés, cherchent à récupérer le corps de leur fille ; à cette quête se joint la lecture religieuse de la mère qui pense que sa fille ne trouvera pas le repos dans l'au-delà si elle n'est pas enterrée selon les rites. Face à eux : les défenseurs de la nature représentés par Luke qui s'est battu durant des années pour faire classer la Tamassee espace protégé, dernière rivière sauvage de cette région, Luke, pour qui la défense de la nature à qui il a voué sa vie entière tient lieu de religion, tout aussi forte que celle de la mère.

Or le courant est tel à cette période de l'année que les plongeurs locaux ont échoué à remonter le corps de la jeune Ruth, et que son père décide de faire appel à l'ingénieur d'un barrage amovible. Faut-il accepter cette solution, et suspendre un moment le statut qui protège la rivière de toute intervention humaine ? N'est-ce pas là établir un dangereux précédent ?

Deux camps irréconciliables, deux religions dogmatiques (le titre anglais était plus explicite sur ce point), de fortes personnalités : Luke l'écologiste intransigeant venu de Floride, le père, Herb Kowalski, peu habitué à rencontrer des résistances, les habitants de la région qui connaissent leur rivière ; deux Amériques aussi : celle des citadins ignorants de la nature et de ses dangers, habitués à ne la lire qu'à travers des pastorales idylliques ; celle des ruraux à la vie quotidienne rude et pauvre.

Entre les deux, la narratrice, Maggie Glenn, qui a vécu enfance et jeunesse dans ce comté d'Occonee, a milité auprès de Luke, son premier amour, et est désormais photographe de presse. Son journal décide de l'envoyer sur les lieux avec un journaliste, Hemphill. L'un et l'autre sont, chacun à sa manière, des survivants. Maggie observe, seule capable, avec sa double culture - citadine et rurale -, de décrypter les éléments des drames qui se déploie. L'un et l'autre, au-delà du reportage, vont apprendre à vivre avec leurs parts d'ombre, à exorciser les mauvais souvenirs.

On pourrait imaginer que le récit est sans surprise, en fait il n'en est rien et ce jusqu'aux dernières pages ; au-delà du récit romanesque, Ron Rash livre toute une réflexion sur la nature, la liberté, le «sauvage» et le «civilisé», la tradition et la modernité, la vanité de l'espèce humaine. Son récit est beaucoup plus subtil qu'on ne pourrait le penser au premier abord en le réduisant à un combat entre écologistes et partisans du «progrès». Que l'enjeu soit le cadavre d'une enfant ne tire pas pour autant le texte vers la noirceur, tant la force de la Tamassee s'impose.

Isabelle Reinharez nous donne une excellente traduction avec des pages de pure poésie sur la rivière, les paysages de cette Amérique oubliée au fond des Appalaches. Un roman qui devrait séduire de nombreux lecteurs et les inciter à lire (ou relire) d'autres textes du même auteur : Un pied au paradis (2002), Le Monde à l'endroit (2006).


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 20/02/2017 )
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