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''La vie est un modèle trop bordélique pour un roman''
John Irving   Avenue des mystères
Seuil - Points 2017 /  8,90 € - 58.3 ffr. / 603 pages
ISBN : 978-2-7578-6622-1
FORMAT : 10,8 cm × 17,8 cm

Première publication française en mai 2016 (Seuil - Cadre Vert)

Josée Kamoun et Olivier Grenot (Traducteurs)

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Voici enfin le quatorzième roman de John Irving. Nous y retrouvons avec délectation le style inimitable de ce génial auteur, entre humour décapant, imagination délirante, gravité profonde, réalisme merveilleux et grande leçon de tolérance.

Quant au personnage principal, Juan Diego, il est tout aussi représentatif du vécu ou des obsessions propres au romancier : orphelin (de père biologique mais pourvu de pères de substitution), souffrant de handicap, marginal et en constante interrogation sur sa vie en général et sa vie sexuelle en particulier.

Le récit se déplie tel un «conte» à rebours : un roman dans le roman. Juan Diego, écrivain américain quinquagénaire au coeur fragile, se rend à Manille pour accomplir une promesse faite dans l'enfance. Ce périple, qui l'emmène d'Iowa à Manille en passant par Hong Kong, le transporte également dans les couloirs du temps. Pour que reviennent ses rêves et que resurgisse le monde de son enfance, Juan Diego décide d'arrêter les bêtabloquants qui soulagent son coeur mais embrument sa mémoire.

Le texte alterne alors moments présents, rêves et souvenirs passés qui se court-circuitent et se fondent pour nous dévoiler la vie de Juan Diego en un formidable voyage initiatique. Il était un de ces «ninos de la basura», enfants qui vivent sur la décharge publique de Guerrero à Oaxaca. Juan Diego sauve des feux de la décharge les livres jetés par les jésuites et apprend seul à lire. Il vit avec sa soeur Lupe, une fillette aux dons d'extra lucide et parlant un drôle de sabir, chez El Jefe le patron de la décharge qui fait office de père adoptif. Leur mère Esperanza, prostituée et femme de ménage chez les jésuites, mourra soudainement écrasée par la statue géante de la Vierge Marie.

Deux phénomènes, ces enfants-là ! Des prodiges, comme le sont tous les enfants chez Irving et d'ailleurs le cirque, monde irvingien par excellence, n'est pas loin : c'est celui de la Merveille, «La Maravilla», dans lequel les deux enfants feront un passage obligé. Des personnages hauts en couleur (jésuites, transsexuelle, dompteur de lion, sans oublier les deux Vierges rivales Marie et Guadalupe...) entrent en scène pour transformer radicalement la vie des deux adolescents car il est bien connu que : «Il vient toujours un moment dans l'enfance où la porte s'ouvre pour laisser entrer l'avenir». Et l'avenir pour Juan Diego sera de quitter le Mexique et d'être adopté et élevé aux Etats-Unis par un couple de Romeo et Juliette qui se révèleront être les plus aimants... et les plus improbables des parents.

Récupérer son enfance n'exclut pas pour autant pour Juan Diego d'avoir une vie sociale et même sexuelle. Séduit pendant son voyage par deux femmes aussi mystérieuses et dangereuses que ses propres héroïnes de roman, «des succubes qui apparaissent pour séduire les hommes durant leur sommeil», il va tenter, grâce à un subtil dosage entre bêtabloquant et viagra, d'honorer ses deux séductrices, de replonger en rêve dans sa vie passée, d'en renouer les fils souvent douloureux et de trouver son identité à la fin du voyage dans cette avenue des Mystères qui conduit au monastère de Notre-Dame de Guadalupe et où s'achèvera son destin.

De succulents débats sur la foi personnelle versus l'Eglise, de constantes réflexions (intertextuelles) sur la création littéraire et des raccourcis temporels jubilatoires ponctuent l'écriture de la quête de Juan Diego. Les passages qui donnent la parole à Juan Diego et à Lupe enfants sont particulièrement émouvants et dignes des meilleurs romans d'Irving (Le Monde selon Garp, Une prière pour Owen ou L'Hôtel New Hampshire). Ce qu'on aime chez Irving, c'est qu'il parvient toujours, sous couvert de situations invraisemblables et de personnages truculents, à nous ramener aux questions essentielles et universelles. C'est à rebours qu'il opère ici car, dit-il, dans les romans comme «dans les rêves, la chronologie n'existe pas, ni l'ordre des évènements qui ont marqué les souvenirs des uns et des autres. Dans notre esprit comme dans nos rêves, il n'est pas rare que l'histoire commence par son épilogue».


Sylvie Koneski
( Mis en ligne le 30/06/2017 )
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