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Une petite ville américaine
Richard Russo   A malin, malin et demi
Quai Voltaire 2017 /  24 € - 157.2 ffr. / 624 pages
ISBN : 978-2-7103-7811-2
FORMAT : 13,5 cm × 22,2 cm

Jean Esch (Traducteur)
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Romancier américain, Richard Russo avait écrit en 1993 Un homme presque parfait (Nobody's Fool), porté à l’écran avec Paul Newman dans le rôle principal. Dans ce dernier roman, À malin malin et demi (Everybody's Fool), Richard Russo retrouve son héros, Sully, bien vieilli, riche désormais de l’héritage de sa vieille institutrice, Miss Beryl, qui lui a laissé sa maison.

La chance s’est abattue sur lui, Sully n’a plus besoin de travailler, et passe ses journées au bar, «Chez Hattie», tenu de main de maître par Ruth, son ancienne maîtresse. Le vieil ami un peu lent d’esprit de Sully, Rub, se désole de perdre Sully, naguère son compagnon de travail quotidien, et grappille comme autant de petits bonheurs les trop courts moments partagés. Quant à Sully, son souci est ailleurs : les médecins viennent de l’informer de l’état désastreux de son cœur et de l’urgence d’une opération risquée, sinon il lui reste moins de deux ans à vivre. À malin malin et demi peut parfaitement se lire en ignorant tout d’Un homme presque parfait.

Autour de Sully, toute une micro société marquée par la malchance qui envahit depuis toujours et de façon inexorable la petite ville de North Bath. Une ville marquée par la poisse alors que sa voisine Schuyler Springs affiche au contraire une bonne santé insolente. Au centre du récit : Douglas Raymer, le chef de la police de la ville, qui se ne remet pas de la mort accidentelle de son épouse, la séduisante Becka, qui allait le quitter pour un autre. Marqué par les années, la calvitie, l’embonpoint, Douglas Raymer rumine ses échecs, vit comme une imposture son élection à la tête de la police de la ville, cherche à savoir qui était son rival, et en filigrane est poursuivi par le souvenir de son institutrice qui cherchait à le pousser au plus loin. «Qui es-tu Douglas ?», question lancinante qu’elle inscrivait en marge de ses rédactions.

Des décennies plus tard, il ne connaît toujours pas la réponse… Parmi ses échecs : son impossibilité à confondre Sully, qu’il soupçonne entre autres d’avoir volé les sabots de Denver de la police. Mais l’échec principal à ses yeux reste la perte de Becka et sa quête infructueuse de son rival, rival qu’il ne peut identifier que grâce à un faible indice : une télécommande de garage retrouvée dans sa voiture et qui ne lui appartient pas, télécommande qu’il actionne de façon compulsive tout au long du roman, dans l’espoir de confondre l’inconnu. Aux yeux du lecteur, son échec fondamental est l’impossibilité à s’aimer. Proches de Douglas Raymer : Charice, policière noire à la langue bien pendue, et son frère jumeau l’élégant Jérôme, lui aussi policier mais dans la ville voisine.

Richard Russo excelle à dépeindre toute cette galerie de «gens ordinaires», pour reprendre l’expression anglo-saxonne ''ordinary people'' : Ruth, partagée entre son mari le bon Zack - brocanteur obèse - et Sunny, l’amant avec lequel il ne se passe plus rien, Rub et son épouse Bootsie, Gus Moynihan l’universitaire devenu maire de North Bath qui a cru - à tort - pouvoir arracher la ville à son destin, comme il s'est convaincu qu’il pourrait arracher à sa folie son épouse Alice ; le très nul Carl Roebuck, fils d’un entrepreneur aisé, promoteur immobilier calamiteux, ami de Sully, qui échoue dans tout ce qu’il entreprend. Dans cet univers bariolé d’attachants médiocres, passent de vrais méchants ; au premier rang d’entre eux, Roy, le gendre de Ruth et Zack.

Le roman s’ouvre sur une scène d’anthologie : l’enterrement d’un vieux juge et le discours fleuve et insipide d’un célébrant inconnu de tous, dans le cimetière de la ville ; cimetière installé dans un terrain fragile ce qui a pour conséquence en cas d’intempérie que les cercueils glissent avec le reste du terrain : les morts reprennent leurs droits… Six-cent pages plus tard, chacun aura trouvé sa place, son destin ; littérature (Dickens et souvenirs de miss Beryl) et cinéma (la rayonnante Audrey Hepburn de Charade) les y auront aidés, et le roman, sorte de ''Comédie humaine'' en somme , sonne comme un hymne à l’optimisme américain.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 28/08/2017 )
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