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L'origine du Mal
Umberto Eco   Le Cimetière de Prague
Le Livre de Poche 2012 /  8,10 € - 53.06 ffr. / 566 pages
ISBN : 978-2-253-16283-4
FORMAT : 11cm x 18cm

Première publication en mars 2011 (Grasset)

Jean-Noël Schifano (Traducteur)

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Dans Le Cimetière de Prague, Umberto Eco se penche sur les mécanismes de haine comme l’antisémitisme et le racisme qui sont à l’œuvre dans la plupart des sociétés humaines. Pour ce faire, l’auteur plonge le lecteur au cœur de l’Europe du XIXe siècle, c’est-à-dire celle de la naissance de l’affaire Dreyfus et celle de la confection de l’évangile antisémite que furent Les Protocoles des Sages de Sion.

Dans ce roman historique, où se côtoient finement à la fois la réalité historique et la plus pure fiction, Umberto Eco met en scène les aventures du sulfureux Simon Simonini, lequel est «le seul personnage inventé de cette histoire», alors que «tous les autres personnages (sauf quelques figures mineures d’accompagnement tels le notaire Rebaudengo ou Ninuzzo) ont réellement existé et ont fait et dit ce qu’ils font et disent dans le roman». Piémontais né d’une mère française, Simonini est un ancien militaire ayant - plus ou moins - pris part à l’expédition des Mille de Garibaldi, dont l’objectif était de réaliser l’unité italienne.

Après avoir dû quitter fort précipitamment la péninsule italienne, Simon Simonini se dirige vers Paris, où il est témoin de la guerre franco-prussienne qui opposa le Second Empire de Napoléon III aux Allemands. Après l’armistice, le narrateur, qui souffre de graves troubles de la personnalité, déclare : «je dois dire que même pour moi ça a été assez humiliant de les voir défiler avec leurs casques cloutés sur les Champs-Elysées». Simonini raconte également l’épisode de la Commune ainsi que sa très sanglante répression par les forces versaillaises du gouvernement dirigé par Adolphe Thiers.

Peu tendre avec les Français, Simonini les tient pour «paresseux, arnaqueurs, rancuniers, jaloux, orgueilleux sans bornes au point de penser que celui qui n’est pas français est un sauvage, incapables d’accepter des reproches». Politiquement, ceux-ci «sont fiers d’avoir un État puissant mais ils passent leur temps à tenter de le faire tomber : personne n’est expert comme le Français à dresser des barricades pour toute raison et à tout frémissement de vent, souvent sans même savoir pourquoi, se laissant entraîner dans la rue par la pire canaille. Le Français ne sait pas bien ce qu’il veut, sauf qu’il sait à la perfection qu’il ne veut pas ce qu’il a».

Les Français ne sont pas les seuls à avoir mauvaise presse. C’est en fait le cas d’à peu près tous les peuples. Les clichés sont pléthore : à l’égard des Allemands, qu’il considère comme des consommateurs invétérés de bière et de saucisses, l’infernal Simonini indique qu’ils constitueraient «le plus bas niveau d’humanité concevable» en raison de l’«hyperactivité de la fonction intestinale au détriment de la cérébrale». «Les Piémontais, avance le narrateur, toute nouveauté les raidit, l’inattendu les terrorise». Quant l\'Italien, il «est peu sûr, menteur, vil, traître, il se trouve davantage à son aise avec un poignard qu’avec une épée, mieux avec le venin qu’avec la médecine, gluant dans les tractations, cohérent seulement lorsqu’il change de drapeau selon les vents».

Au fil des pages de ce grand succès éditorial interviennent les jésuites, les satanistes et les juifs, mais aussi les francs-maçons et les carbonari, ainsi que les services de renseignement piémontais, français, prussiens et russes. La conspiration est omniprésente. Les services de renseignement prussiens, mais également la police secrète tsariste s’intéressent particulièrement aux talents de faussaire de Simon Simonini. Le roman rend compte de la façon dont l’Okhrana a orchestré la confection des célèbres, mais fantaisistes Protocoles des sages de Sion. C’est le passage de l’antijudaïsme traditionnel à l’antisémitisme moderne, puis apocalyptique que dépeint ainsi Umberto Eco dans ce roman noir.


Alexis Fourmont
( Mis en ligne le 06/07/2012 )
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