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Conquête de l’autonomie
Helen Simonson   L’Eté avant la guerre
10/18 - Domaine étranger 2017 /  9,10 € - 59.61 ffr. / 670 pages
ISBN : 978-2-264-07096-8
FORMAT : 10,8 cm × 17,8 cm

Première publication française en mai 2016 (Nil)

Odile Demange (Traducteur)

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Un épais roman d'Helen Simonson. Ce second roman se situe à l'été 1914, pour l'essentiel, même s'il se termine à l'été 1920. Helen Simonson poursuit son oeuvre dans la veine «British» qui avait assuré le succès de La Dernière conquête du major Pettigrew, son premier roman. L'action se situe dans un calme village du Sussex, Rye, au début d'un été qui s'annonce chaud et heureux pour les protagonistes. Ceux-ci semblent directement sortis de Downton Abbey ou encore des romans de Jane Austen, avec une légère influence des américains Henry James (cité en exergue) et Édith Wharton. On est plutôt parmi les «heureux de ce monde», même si des personnages secondaires, dont l'importance croit au fil des pages, appartiennent aux milieux populaires, en particulier le jeune Snout, fils du forgeron et petit-fils des bohémiens installés en marge du village.

Cette société vit au rythme des micro événements mondains avec des distances bien marquées entre l'aristocratie et la bourgeoisie à laquelle appartiennent le maire, Mr Fothergill, notaire de son métier, et son épouse ridicule. Au centre du roman, la charmante et généreuse Agatha Kent, légèrement excentrique, dont le mari travaille au Foreign Office. Depuis toujours, ils accueillent pour l'été les neveux d'Agatha, Daniel et Hugh qui sont cousins. Autant Hugh qui se prépare à une brillante carrière de chirurgien est raisonnable, autant Daniel est imprévisible, et jamais en retard d'une espièglerie. Autre personnage, Mr Tillingham, américain (et on songe à Henry James...), auteur renommé, bien conscient de son prestige et des honneurs qui lui sont dus.

Arrive dans cette petite société aux rites bien ordonnés une jeune fille, Béatrice Nash, à l'éducation peu conventionnelle ; orpheline de mère, elle a suivi son père dans ses différents séjours à l'étranger et y a acquis une indépendance et une culture peu courantes dans son milieu. Son ambition : devenir écrivain. Or à l'été 14 son père vient de mourir, la confiant à la tutelle de sa famille à l'esprit étroit avec qui il s'est réconcilié en partie pour protéger sa fille. Face à la perte de son indépendance et à l'inquisition constante à laquelle elle est désormais soumise, Béatrice tente de trouver une issue en postulant pour le poste de professeur de latin de l'école de Rye. Un poste qu'Agatha et ses neveux s'emploient avec efficacité à lui faire obtenir.

L'intrigue tourne autour des deux femmes au centre du roman : Béatrice, assez proche des suffragettes anglaises de la même époque, les débuts balbutiants du féminisme, un personnage attachant dans ses hésitations et ses contradictions ; et Agatha, qui pourrait être sa mère, riche et excentrique, mais d'une excentricité qui connaît ses limites. De l'une à l'autre, on suit la condition féminine dans les milieux privilégiés anglais, enserrée dans un pesant réseau de contraintes.

Helen Simonson joue à montrer les hésitations de Béatrice qui trouve du charme à Daniel comme à Hugh, ses déconvenues et le refus assez général de la laisser placer son ambition dans un secteur réservé aux hommes, celui de l'écriture. Agatha la soutient autant qu'elle peut, mais elle connaît les limites à ne pas franchir. Les personnages masculins sont plus simples, cantonnés dans des rôles bien écrits : le sage, l'écervelé, l'égoïste, etc.

Un roman de lecture aisée, qui met en scène de façon amusante les mille-et-une manières mondaines de la société anglaise au début du XXe siècle. Cependant, lorsque l'Histoire fait une fracassante entrée en scène, ce roman léger prend une dimension dramatique ; la tragédie n'épargnera pas les acteurs de cette jolie comédie de mœurs que l'on imagine assez bien portée à l'écran.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 05/05/2017 )
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