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Chants d’oiseaux
Pascal Quignard   Dans ce jardin qu’on aimait
Grasset 2017 /  17,50 € - 114.63 ffr. / 169 pages
ISBN : 978-2-246-81335-4
FORMAT : 14,0 cm × 20,5 cm
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Après le très beau Les Larmes qui entraînait ses lecteurs dans la période carolingienne, Pascal Quignard se tourne vers d’autres horizons en suivant la vie d’un pasteur américain, Simon Pease Cheney (mort en 1890) qui a vécu à Geneseao, près du port de New York, dans un presbytère rural. Son drame : la mort de sa jeune épouse qui laisse un bébé, une petite fille. Désormais, le pasteur perd tout goût pour la vie, et ne se passionne plus que pour le chant des oiseaux qui peuplent le jardin qu’aimait la disparue.

De 1860 à 1880, il note inlassablement ces bruits, y compris ceux, discrets, de l’eau qui goutte dans l’arrosoir, qu’il transforme en musique. Ils représentent tout son univers, peuplent ses homélies, au point d’exaspérer ses paroissiens qui lui reprochent son manque d’intérêt à leur égard. Ce travail discret aurait pu rester ignoré - d’autant que plusieurs éditeurs l’avaient refusé du vivant de son auteur - si Anton Dvorak, l’été 1893, n’avait découvert l’édition, Wood Notes Wild, qu’avait opérée à compte d’auteur Rosemund Cheney, la fille unique et mal aimée du pasteur. Un livre qui inspirera son Quatuor à cordes n°12.

À son tour, plus d’un siècle plus tard, Pascal Quignard est fasciné par cette démarche étrange ; il s’en explique dans son Avertissement : «Cette double histoire - celle d’un vieux musicien passionné par la musique qu’adresse spontanément la nature sans se soucier des hommes, le destin d’une femme célibataire désirant à tout prix faire reconnaître l’œuvre méconnue de son père - prit en moi la forme non pas d’un essai ni d’un roman mais d’une suite de scènes amples, tristes, lentes à se mouvoir, polies, tranquilles, cérémonieuses, très proches des spectacles de nô du monde japonais d’autrefois».

Pascal Quignard dresse donc la scène d’un théâtre intime, les relations entre le père et la fille, les liens d’amours douloureux qui les unissent et les séparent, l’ombre de la morte. Il imagine leurs dialogues, les tentatives infructueuses pour faire publier l’œuvre musicale, la disparition du père, la fille survivante.

Simon Pease Cheney avait tenté l’impossible : transcrire en partition le chant de la nature, Pascal Quignard poursuit son entreprise en la transformant en récit. Un livre sur la mort, mais aussi la transmission. Un très beau livre, poème à savourer lentement, phrase après phrase.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 16/06/2017 )
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