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Loin de l’Algérie
Martin Winckler   Les Histoires de Franz
P.O.L 2017 /  21,90 € - 143.45 ffr. / 528 pages
ISBN : 978-2-8180-4296-0
FORMAT : 13,8 cm × 20,2 cm
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L’auteur de La Maladie de Sachs a longtemps été médecin comme son père. Après avoir quitté l’Algérie, sa famille s’installe à Pithiviers, modèle de Tilliers, la petite ville qui a accueilli Franz et son père dans Abraham et son fils. Les Histoires de Franz constitue le second volet d'un triptyque que terminera Franz en Amérique.

Pour le moment, les Farkas, père et fils, après avoir quitté l’Algérie, s’installent à Tilliers (Loiret) où Abraham a acheté une clientèle de médecin généraliste ; il épouse sa secrétaire, Claire, veuve d’un gendarme mort en Algérie et mère de Luciane. Cette dernière est un peu plus âgée que Franz et joue le rôle de la confidente. Le roman s’étale de 1965 à 1970, l'année du bac pour Franz, ensuite candidat à l’AFC (American Fields Corps) pour passer un an dans une famille américaine.

Il construit son dossier sous la forme de nouvelles, un journal qui raconte la vie de la famille pendant ces années... selon une chronologie originale qui part de la préhistoire et court jusqu’aux temps modernes. Ses premiers souvenirs ont été effacés lors de l’attentat dans lequel sa mère a été tuée, le 21 septembre 1961 à Alger ; seules de brèves images lui reviennent.

Ils vivent tous les quatre heureux dans une grande bâtisse ancienne, pleine de recoins et de greniers désaffectés, comme un être vivant hanté de tous ses habitants passés, animé du bruit des parquets et des escaliers en bois : une gigantesque boite à souvenirs. Pour Franz, la personne la plus importante est son père, excellent médecin de campagne qui sait consoler, rassurer et guérir avec patience ses malades. Il s’appuie sur lui, un héros qu’il croit immortel.

A Tilliers, personne ne s’étonne de voir Abraham et Claire mariés ensemble. Elle a besoin d’un travail, lui d’aide, ils sont veufs et ont des enfants à élever. L’union arrangée du début fait place à une belle histoire d’amour. Claire et ses amies créent en 1967, après le vote de la loi Neuwirth autorisant la contraception, un cercle laïc pour répondre aux besoins des femmes en matière de sexualité et de santé reproductive. Abraham pratique des avortements clandestins dans la maternité qu’il dirige à l’hôpital.

Mai 68 laisse quelques traces en province ; Franz, alors en Première, a la chance d’avoir des professeurs modernes aux méthodes alternatives issues de la révolution. Malheureusement, l’administration arrête cette expérience novatrice. Lors d’un voyage en Angleterre, il découvre une culture plus moderne avec les Beatles, le cinéma. La vie est différente ici, alors qu'en France le gaullisme pèse comme une chape de plomb.

La famille Farkas suit son chemin ; Franz, adolescent acnéique complexé, observe ce petit monde ; il écrit les chroniques qui constituent ce roman. On est ainsi agréablement transporté par Martin Winckler dans la France provinciale de la fin des années 60, une société surannée et endormie où Franz voit sa jeunesse s’écouler doucement, dans l’amour indéfectible des siens. Marc Zafran, alias Martin Winckler, met beaucoup de lui-même dans ses romans. Il est né en Algérie comme Franz dans les années 50, d'une famille juive. La place de la médecine accentue ces effets de miroirs et les ressemblances entre vie et fiction. Le style est enlevé, plein d’humour et d’autodérision, très agréable à lire.

«Je suis heureux d’avoir toujours pu tromper mon ennui en lisant même quand je voyageais seul avec mon père et jusqu’à ce que je me fasse des copains de mon âge. Pouvoir lire et écrire, ça m’a sauvé de la tristesse, de l’ennui et de la solitude, je pense que ça a été important pour moi».

Une belle histoire de résilience, que poursuivra le prochain tome.


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 25/08/2017 )
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