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La grande secousse
James Noël   Belle merveille
Zulma 2017 /  16,50 € - 108.08 ffr. / 160 pages
ISBN : 978-2-84304-801-2
FORMAT : 12,7 cm × 19,0 cm
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Un coup d’essai parfaitement réussi pour le jeune écrivain haïtien James Noël. Les titres des chapitres sont des notes de musique. Le roman est une longue chanson poétique, un hymne à l’amour d'une île prise sous les feux et les rugissements de la terre, un hymne aussi à la femme aimée, celle qui, venue aider le pays dans la tourmente, le sauve lui en le tirant des décombres. Le texte, nerveux et inventif, diffuse une mélopée colorée où plusieurs voix s’élèvent pour raconter le désastre qui les a brisés. Le narrateur est Bernard, le poète. ''Belle merveille'', en créole haïtien, traduit un événement ou une personne extraordinaires.

Le 10 janvier 2010 à 16h55, un tremblement de terre de magnitude 7,5 sur l’échelle de Richter secoue Haïti (qui partage l’île avec la République dominicaine) et emporte trois-cent-mille morts. L’île n’est plus que ruines et poussière après le passage du «goudou-goudou». «La ville a tremblé en haut, la ville a tremblé en bas. Toute seule, le corps tremblant durant 35 secondes, les flux montaient, la mer montait, c’est comme si la ville s’activait publiquement à s’envoyer en l’air. Quand la mer s’est mise à trembler, j’étais là, do, ré, mi, fa, sol». Amore, belle Napolitaine, vit à Port-au-Prince avec Bernard, après l’avoir sauvé ; il est déprimé par tant d’horreurs, la mort est partout. Pour le délivrer de ses cauchemars, elle lui propose de faire un voyage en Italie.

James Noël règle ses comptes avec les ONG qui poussent comme des champignons. Les humanitaires ont beaucoup d’argent mais ce ne sont pas ceux qui en ont le plus besoin qui en profitent. C’est un grand business sur le dos des assistés ; ils gardent pour eux la plus grande partie de l’aide fournie par le monde entier sous forme d’argent facile à détourner. «Les Haïtiens se sont réfugiés dans le silence, quand ils ont compris qu’il y avait un non-dit, un blanc dans l’histoire, car la carte a été battue, débattue à l’avance. Tricheries dans les règles, tricheries dans le jeu». Le coût de l’immobilier a explosé, la demande dépasse de loin l’offre de lits. Ce n’est pas chose simple de trouver une maison correcte dans cet espace de concurrence des humanitaires qui ne sont même pas discrets et se servent avant les autres.

2017 : le poète fait le point sur ces sept ans depuis le drame qui fut suivi de peu par une épidémie de choléra due à un contingent de soldats népalais de la Minutchat, branche de l’ONU, entrés sans contrôle en Haïti. Le 4 octobre 2016, un ouragan s’abat sur le sud de l’île, faisant plus de trois-cents morts. Le poète constate ces trois malheurs : le séisme, le choléra, l’ouragan. Comment autant d’événements macabres ont pu accoucher de la lumière ? La poésie de la langue haïtienne est faite d’images, de couleurs et de sang. Le rouge y domine dans l’énergie et la colère, c’est aussi la couleur de l’amour. Le papillon noir et son battement d’ailes traverse le récit comme un météore, frôlant de son silence et de son mystère les joues des amoureux comme celles des morts.

C’est un roman d’amour, de désir, où les personnages solaires sont remplis de vie. Il nous parle du tremblement de terre mais aussi de ce séisme amoureux que fut la rencontre de Bernard et Amore. La langue est très poétique malgré le sujet ; elle magnifie cette île, «belle merveille» en effet.


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 04/09/2017 )
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