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Enfer et bonnes intentions
Fabrice Pliskin   Une histoire trop française
Fayard 2017 /  20 € - 131 ffr. / 411 pages
ISBN : 978-2-213-70507-1
FORMAT : 13,5 cm × 21,5 cm
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Critique littéraire au Nouvel Observateur, Fabrice Pliskin nous présente son sixième roman dans lequel il met à nu quelques vérités trop souvent travesties et attire l’attention sur les ravages d’une société trop individualiste. Il s’empare de la sordide affaire des prothèses mammaires qui défraya la chronique il y a quelques années, les P.I.P. de l’escroc Jean-Claude Mas.

Ici, le président fondateur de ''Jodelle Implants'', l'un des leaders mondiaux du secteur, est un patron formidable, un humaniste assurant à ses 120 employés de substantiels avantages sociaux ; il les initie à la poésie, en souvenir de ses brillantes études littéraires dans un lycée parisien prestigieux. Tout le personnel sait très bien qu’il fabrique des prothèses avec du «Ghloborsil», un gel additif pour carburant moins cher que le gel homologué. Dans le roman, le TÜV (Technischer Überwachungs Verein), organisme allemand de vérification, est devenu le TÜS que l’entreprise, en cachant les bidons de gel frelaté et par un système de fausses factures, parvient à tromper.

Les employés ont pour excuses la crainte du chômage et la perte d’un train de vie confortable. Tous ont des problèmes de conscience qu’ils balaient bien vite, chacun ayant sa recette pour se persuader qu’il est innocent dans cette usine à mort. «Ici, on ne force personne… C’est l’engourdissement psychique du bourreau ordinaire… Une forme d’absolue sédation». On n’est pas très éloigné de la bonne conscience des nazis de base qui se justifiaient pour tolérer l’intolérable.

Le roman débute alors que la situation commence à se dégrader, car les plaignantes deviennent de plus en plus nombreuses à travers le monde. Surgit alors Louis, critique littéraire au chômage qui, sous la contrainte des pressions économiques, se fait embaucher pour sa plume. Son travail consiste à écrire des courriers rassurants aux grincheuses qui osent se plaindre ainsi qu’aux organismes de contrôle. Il amène un regard neuf sur l’entreprise.

Louis n’arrive pas à se fondre dans la masse des fraudeurs. Les deux univers, celui de Louis, intellectuel cultivé, et celui de l’usine, hypocrite et sournois, ont du mal à s’appareiller, et le récit s'en ressent, qui perd en vraisemblance. Cependant, l’auteur arrive à tirer de cette affaire dangereuse pour des milliers de femmes un roman ironique, agréable à lire : Jean Jodelle est un patron attachant, un idéal de gauche inculqué par son grand-père, et la une narration atténue l’horrible réalité avec un humour et une autodérision décapants. Le dilemme de Louis est universel : va-t-il cautionner pour préserver sa nouvelle situation inespérée ou dénoncer les autres au bénéfice des patientes. Collaborer ou résister ?

Fabrice Pliskin prend des libertés avec la réalité, convoquant même «l’avocat français des plaignantes brésiliennes, un jeune et gros Maubeugeois à la barbe soignée» alors que que Maître Eric Dupont-Moretti n'est jamais intervenu sur ce dossier. Un petit clin d’œil romanesque. Ce récit au lance-flamme joue de l’ironie pour atténuer une réalité sordide. De nombreuses allusions nous rappellent le scandale sanitaire des PIP.

Cette lecture incite à la méfiance comme à la réflexion, mettant aussi en valeur le rôle précieux des lanceurs d’alerte qui savent résister aux sirènes du profit. Mais la lâcheté est-elle une ''histoire trop française'' ? La France est-elle le seul pays à souffrir du diktat du libéralisme ?...


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 20/11/2017 )
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