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L’esprit des années 50
Philippe Chambost   Anne Lajoix    Collectif   Pol Chambost . Sculpteur-Céramiste - 1906-1983
Somogy 2006 /  49 € - 320.95 ffr. / 207 pages
ISBN : 2-85056-993-3
FORMAT : 22,5cm x 27,0cm

L'auteur du compte rendu : Béatrice Brengues a une formation d'historienne de l'art, elle s'intéresse aux arts décoratifs du XXe siècle et poursuit des recherches sur le sculpteur Joachim Costa. Elle travaille parallèlement à Drouot chez un commissaire priseur.
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Sculpteur renouvelant les formes, coloriste doué, expérimentateur talentueux, technicien hors pair, fin dénicheur de tendances, éminent animateur de la profession à travers son syndicat, entrepreneur audacieux… Un homme peut-il tout réussir ? C’est assurément le discours admiratif que tient un fils, Philippe Chambost à l’origine de ce livre, parti sur les traces de son père, Pol, qu’il explique avoir au fond assez peu connu. Appuyé par des analyses d’historiennes de l’art spécialistes de la céramique, il retisse la trame de sa vie à partir d’archives familiales et dresse non seulement le portrait complet d’un artiste céramiste, mais aussi l’histoire du goût des années 50

Etonnant parcours que celui de Pol Chambost aujourd’hui connu pour la gaieté de ses créations, puisqu’il commence sa carrière comme sculpteur funéraire. Formé au début des années 20 à l’École des Arts appliqués, il suit les pas de son père, sculpteur lui aussi, dans la marbrerie familiale d’Ivry-sur-Seine. Il s’intéresse dès les années 30 à la céramique, d’abord comme alternative à la pierre dans l’art funéraire, puis produit ses premières pièces de formes vers 1936 jusqu’à fonder un véritable atelier de céramique. Une fois passé le stade expérimental, et acquise une grande maîtrise technique, Pol Chambost s’équipe de matériel moderne et commence des productions de série. Dans son texte qui englobe l’œuvre de Chambost dans une histoire plus générale des Arts Décoratifs, Anne Lajoix nous rappelle que son apport est le décloisonnement des pratiques en associant conception et réalisation, dans un processus qui va de la pièce unique à la série.

Un des secrets de sa réussite est qu’il a su s’entourer de gens talentueux comme Pierre Roulot, Paul Pouchol, Georges Jouve, Louise Edmée Chevallier, Luc Lanel, et bien d’autres. On comprend aisément, en homme de réseau, qu’il prenne, au sortir de la guerre, des responsabilités dans la Chambre syndicale des céramistes d’art et au Salon des Ateliers d’Art où il expose chaque année. Cela lui permet de trouver de nouveaux marchés, comme celui des Grands Magasins et notamment la marque Primavera dirigée par Colette Gueden pour le Printemps. Un article de Karine Lacquemant retrace cette complicité artistique, l’une stimulant les fantaisies de l’autre dans une logique nouvelle de consommation de masse pensée en collection. Il décline des gammes complètes d’objets d’art de la table pour répondre au bon (ou au mauvais) goût bourgeois, des clients des grands magasins, des bourgeois modernes comme ceux de Mon oncle, le fameux film de Tati où le décor est truffé de vases de la Poterie d’Ivry, comme s\'il existait une esthétique identitaire, soulignée par Emilie Bonaventure.

Photos d’époque extraites des magazines déco, ou des archives des salons, photos de studio d’aujourd’hui, elles sont nombreuses dans ce livre et le signe d’un effort iconographique. Le regard s’attarde sur ces pièces emblématiques souvent très photogéniques. Ces pièces novatrices qui pourraient se suffire de leur forme seule gardent leur fonction explicite. Vases, pichets esquissent des formes libres, organiques, ondulantes et leur glaçure mâte très couvrante renforce les effets de rondeurs. Rouge vermillon, jaune canari, vert épinard contrastent avec une face noire ou blanche : la palette elle aussi est libre, gaie surtout, furieusement 50 !

Ne nous en cachons pas : ce qui nous intéresse derrière la belle présentation de ces céramiques, c’est de savoir quelles pièces collectionner. De la vaste production de Pol Chambost, on n’avait qu’une connaissance morcelée à travers des publications récentes comme le livre de référence de Pierre Staudenmeyer (La Céramique francaise des années 50, Norma, 2001) mais aussi grâce aux catalogues de vente qui sont souvent les meilleurs outils de défrichage dans cette discipline. Au-delà d’un recueil de signatures reproduites en photo, c’est l’extraordinaire hétérogénéité de sa production que l’on découvre. On lève alors l’anonymat sur certains objets intelligemment chinés mais on sursaute aussi en s’apercevant de l’attribution de telle pièce non signée que l’on a vue traîner pendant des mois sur les étagères d’un broc de quartier se laissant convaincre d’une médiocrité plastique au regard de son inexistante valeur marchande. En voilà donc des objets qui vont revivre au soleil de cette publication !


Béatrice Brengues
( Mis en ligne le 20/12/2006 )
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