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Bouillon de poule
Eliette Abécassis   Sépharade
Le Livre de Poche 2011 /  7.50 € - 49.13 ffr. / 476 pages
ISBN : 978-2-253-16018-2
FORMAT : 11cm x 18cm

Première publication en août 2009 (Albin Michel)
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Eliette Abécassis fait partie des grands squatteurs de la Rentrée Littéraire, par sa régularité (quasi nothombienne) et son ubiquité médiatique. Il faut dire qu'elle est photo- et télégénique notre romancière, un écrivain populaire avec ce je-ne-sais-quoi d'intellectuel et d'intouchable la rendant très bankable auprès de lecteurs rapidement fascinés par les pédigrées de tous acabits : Ah ! Paris ! Saint-Germain ! Normale Sup' ! Eliette Abécassis, ça fait chic ! Elle vend donc beaucoup.

Après avoir esquissé l'entrelacs affectif de la relation mère-fille option ashkénaze avec les Rykiel, et dans le sillage de ses précédents romans, sur la judéité, la féminité, la maternité, l'identité, elle nous sort le grand jeu sépharade avec plus de 400 pages consacrées à cette communauté bigarrée et extravagante. De la recette du couscous et autres sucreries marocaines aux mérites du sépharadisme appliqué à l'humanisme et à la République (Montaigne : un cousin !), en passant par le saint des saints, la relation au père et à la mère, ses servitudes, tout est dit sur cette smala ensoleillée, sucrée, engluante, pesante, fatigante... On voyage aussi : d'Israël au Maroc (et ses subdivisions : Mogador, Meknès, Fès...) en passant par l'Espagne, l'eldorado andalou, paradis perdu où notre héroïne ressent violemment courir en elle une sève identitaire insoupçonnée... On y parle philosophie, géopolitique (le conflit israélo-arabe, ce n'est pas simple, apprend-on...), histoire, cuisine, anthropologie et même ésotérisme. Bizarrement, religion, point trop... Le ''Shrour'', le mauvais œil, la malédiction... y est bien plus présent que la Torah. Bref, de la culture G avec un grand S, de Sépharade.

L'histoire narre quant à elle les hésitations et les douleurs d'une femme prise dans cet étau culturel : Esther, sur le point de sa marier avec Charles, juif sépharade émancipé et ''moderne'', subit l'opprobre familial, les pressions maternelles, le scandale même, alors que la génération des grands-parents porte un effroyable secret et qu'une amulette a disparu... Petite trame façon chick-lit améliorée pour habiller cette dissertation.

Car on s'ennuie ferme dans l'évocation de ces tourments. Eliette Abécassis a beau qualifier les excès, la chaleur, la joie et les emportements de sa tribu - «Chez eux, tout débordait. L'émotion, la joie, l'anxiété, la fatigue, la tristesse, la tendresse, la bonté, les pâtisseries, les plats, les ventres...», sa plume les incarne hélas maladroitement. La chaleur toute méditerranéenne dont elle parle à longueur de pages est comme attiédie par l'encre, son extravagance assagie dans un récit ordonné. Bref, cette plume ne semble pas être ce dont elle parle, appliquée, raisonnable, pleutre même, déprimée assurément. Cette plume – horreur ! -, nous semble en fait bien française, si l'on suit la définition – géniale ! - que donne l'auteure de ses concitoyens en tout début d'ouvrage : «... l'humeur critique, la fadeur, la feinte politesse, l'autodérision teintée de cynisme, le quant-à-soi, l'individualisme, la défiance à l'égard d'autrui, l'autodépréciation, la dépression chronique...». En un court chapitre, Eliette Abécassis a dit bien mieux sur la France et les Français qu'elle n'est parvenu à en dire sur le monde sépharade...

Un roman comme un couscous raté, manquant de sel et d'épices, d'amour et de maestria. Bref, du pot-au-feu, passant à côté du seul véritable ésotérisme, celui des mots...


Thomas Roman
( Mis en ligne le 29/06/2011 )
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