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Absurde
Eugène Ionesco   Le Blanc et le noir
Gallimard - L'Imaginaire 2017 /  6 € - 39.3 ffr. / 76 pages
ISBN : 978-2-07-274114-2
FORMAT : 12,5 cm × 19,0 cm
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Voilà une œuvre fort étrange de l’un des plus grands dramaturges français, auteur des célèbres pièces La Cantatrice chauve ou Rhinocéros. Ce petit texte est loin du théâtre de l'absurde ; il s'agit de quelques dessins de Ionesco agrémentés de commentaires.

Qu’est-ce que Ionesco est venu faire dans cette galère ? Il avait envie de dessiner. «Tenté de croire également qu’il faut ou bien parfaitement connaître les lois du dessin et de la couleur ou ne rien connaître du tout. Bien qu’ancien professeur de littérature et de théâtre, j’étais redevenu tout à fait innocent en écrivant ma première pièce, il y a trente et un ans. J’avais l’impression d’inventer le théâtre ou l’anti-théâtre. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est ce que l’on s’est appris soi-même”.

Il y a un paradoxe à mettre en parallèle son théâtre fantastiquement drôle et absurde et ses dessins. Le résultat est non seulement décevant mais terriblement naïf. On cherche vainement un sens caché, une veine diaboliquement ironique mais on est bien forcé de constater que tous ces dessins sont franchement «grossiers».

Sans doute est-ce dû à une époque où, comme chez certains peintres, il fallait se débarrasser de toutes règles, de toutes hiérarchies... sauf que ces dessins ressemblent à des dessins d’enfants, griffonnés à gros traits. D’autres mouvements picturaux ont donné naissance bien avant Ionesco à ''L’Art Informel'' (1943) qui s’intéresse à la matière picturale entre le figuratif et l’abstrait, ''L’Art Brut ' (1947) où l’art appartient à tous (graffitis de prisonnier, dessins d’enfants, d’aliénés) sous l’impulsion de Jean Dubuffet dont on pourrait le rapprocher. L’absence de filiation, la volonté de mettre à bas la suprématie de la culture et des «intellectuels de carrière», le recours à la maladie ou à la folie poursuivent la voie irrationnelle inaugurée par les avant-gardes. Avec la tentation de ruiner les conventions artistiques et de défier l’ordre symbolique par le recours à un anti-intellectualisme basé sur la régression.

Mais Ionesco dessine tout cela en 1981, date de la première édition, après tous ces mouvements, lui qui est rentré à l’Académie française ! «En dessinant, j’essaie ou je tâche de dégager mon esprit de tout ce qui l’encombre, de tous les soucis, de toutes les vanités, que ce soit bon ou mauvais ce que je fais, cela n’a pas d’importance», écrit-il encore. Cela pose problème, encore une fois. Et il concède même à un moment que ses dessins sont mauvais ! Alors pourquoi les éditer ?...

Le texte, parfois, réfléchit sur certains concepts, sur le Beau et le Laid, le Bien et le Mal... sans aller bien loin. L'ampleur de la déception ici est à la mesure de son génie théâtral par ailleurs.


Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 29/11/2017 )
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