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Enigmatique et anecdotique
Antonio Tabucchi   L'Ange noir
Gallimard - Folio 2008 /  5.80 € - 37.99 ffr. / 197 pages
ISBN : 978-2-07-033839-9
FORMAT : 11,0cm x 18,0cm

Traduction de Lise Chapuis.

Préface de Bernard Comment.

L'auteur du compte rendu : Scénariste, cinéaste, Yannick Rolandeau est l’auteur de Le Cinéma de Woody Allen (Aléas) et collabore à la revue littéraire L'Atelier du roman (Flammarion-Boréal) où écrivent, entre autres, des personnalités comme Milan Kundera, Benoît Duteurtre et Arrabal.

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Né à Pise en 1943, Antonio Tabucchi est l\'auteur d\'une vingtaine de livres traduits dans le monde entier et qui ont reçu plusieurs récompenses internationales. Traducteur de Pessoa auquel il a consacré plusieurs essais, il a longtemps été professeur à l\'université de Sienne et a publié de nombreux textes dans La Nouvelle Revue Française. Certains de ses livres ont été adaptés au théâtre et au cinéma (Nocturne indien par Alain Corneau, Le Fil de l\'horizon par Fernando Lopes, Pereira prétend par Roberto Faenza, Requiem par Alain Tanner). Entré dans la littérature via la revue littéraire Il Cafe, aux côtés de Calvino et Manganelli, Tabucchi a profité de sa jeunesse pour voyager et étudier. Il arpenta ainsi l’Inde et l’Europe.

L’Homme est au centre de son œuvre. Antonio Tabucchi dresse des portraits qui interpellent le lecteur : qu’est-ce qu’une identité quand celle-ci n’est pas fixe mais en mouvements constants ? En parallèle à cette question existentielle, il expérimente de nouvelles formes d’écriture, ludiques et exigeantes à la fois, au point où parfois il n’est pas aisé de suivre la narration et ses circonvolutions. On remarque les multiples influences, Fernando Pessoa bien sûr, mais aussi Gustave Flaubert, James Joyce ou William Faulkner encore pour ce côté moderne nous faisant pénétrer dans les pensées labyrinthiques des personnages. Antonio Tabucchi prône souvent le doute, il a une préférence pour les personnages perdus, inquiets voire peureux et il aime nous perdre dans les voix multiples qui peuplent ses nouvelles. Il faut surtout être très attentif car un instant d\'égarement et l\'on ne comprend plus ce qu\'on lit ou l\'on passe à côté de l\'histoire.

Parfois, l’auteur mêle trop la politique à son œuvre et, de ce point de vue, on exagère, notamment en France, l’importance d\'Antonio Tabucchi par rapport à cet engagement politique : engagement contre l’Italie de Berlusconi, boycott de la délégation italienne au Salon du Livre de Paris en 2002, de nombreuses comparaisons entre ce gouvernement issu des urnes en 1994 et «quelque chose qui ressemble aux années 40, celles des Salazar, Mussolini et Hitler». Dernièrement, il s’est engagé pour les élections européennes sur la liste du Bloco de Esquerda, parti de gauche contestataire. On ne peut pas, cependant, établir un talent littéraire sur un engagement politique, répétons-le.

Parfois aussi, certaines nouvelles laissent le lecteur dubitatif, dans le sens où en parallèle à une forme littéraire complexe et sophistiquée, l’histoire racontée semble par trop anecdotique. C’est le cas de L’Ange noir, un recueil assez énigmatique, écrit en 1991 et qui ressort dans une traduction révisée par l\'auteur. «Voix portées par quelque chose, impossible de dire quoi» présente un personnage qui guette les conversations à la recherche de jolies phrases et qui retrouve son ami défunt, venu lui donner un rendez-vous sinistre. Étonnamment, cette nouvelle se prolonge avec «Nuit, mer ou distance» où nous sommes plongés dans l’Italie des années sombres avec enlèvements et viols. Un mérou surgit au milieu du fatras et nous invite à le suivre !

La meilleure nouvelle, proche d’un Julio Cortazar, est «Un papillon qui bat des ailes à New York peut-il provoquer un typhon à Pékin ?», mêlant théâtre et roman noir : on y oblige quelqu’un à endosser le rôle d’un criminel au point où il finit par commettre le crime… «Bateau sur l’eau» évoque le naufrage d’une vie et l’impossibilité de ne pas sombrer tandis que «La Truite qui se faufile entre les pierres me rappelle ta vie» renoue avec la crainte de l’arnaque littéraire. Enfin, «Premier de l’an», sous l’égide de Jules Verne, narre l\'histoire d\'un homme qui se souvient de son enfance et de sa famille.

Au final, un petit livre et un recueil de nouvelles un peu en deçà du talent d\'Antonio Tabucchi.


Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 02/07/2008 )
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