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Un Juif de Grèce dans les camps
Shlomo Venezia   Béatrice Prasquier   Sonderkommando - Dans l'enfer des chambres à gaz
Le Livre de Poche 2009 /  6,50 € - 42.58 ffr. / 249 pages
ISBN : 978-2253128915
FORMAT : 11cmx18cm

Première publication en janvier 2007 (Albin Michel).

Préface de Simone Veil.

L’auteur du compte rendu : Mathilde Larrère est maître de conférences en Histoire contemporaine à l'université de Marne-la-Vallée et à l'IEP de Paris.

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Shlomo Venezia est un habitant de Salonique, Italien de nationalité, juif de confession, pauvre de situation. Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, la Grèce, écrasée par les forces de l’Axe, fait l’objet de mesures antisémites. Protégé un temps par sa nationalité italienne, Shlomo Venezia finit par être déporté en avril 1944 vers Auschwitz avec sa famille. Sa mère et ses petites sœurs sont dirigées vers la chambre à gaz, mais avec son frère et ses cousins, il est déclaré apte au travail.

Or, après un temps réglementaire de quarantaine, c’est au Sonderkommando qu’ils sont affectés, soit dans ces équipes de travail composées de juifs, chargées par les nazis de vider les chambres à gaz des corps, de récupérer dents et cheveux, et de brûler les cadavres. Il effectue sous la contrainte et dans la peur permanente d’être à son tour éliminé cette horrible tâche. Il échappe par chance à la répression qui suit la tentative de révolte du Sonderkommando d’octobre 44. Évacué fin décembre devant l’avancée des armées soviétiques, il effectue des travaux dans des galeries, dans les camps de Mauthausen, Melk puis Ebensee, avant d’être libéré par les Alliés. Ayant contracté la tuberculose, il est pris en charge par une association juive et soigné dans un hôpital italien, où il se remet avant d’émigrer en Israël. Ce n’est que quarante-sept ans après la libération qu’il commence à témoigner de son expérience, d’abord devant des scolaires, puis ici, devant Béatrice Prasquier aidée de l’historien italien Marcello Pezzeti.

Ainsi donc, un témoignage de survivant des camps, énième récit insoutenable de l’indicible. Besoin de témoigner, c’est certain. Mais qu’apporte-t-il qu’on ne sache déjà, qu’on est déjà lu ou entendu ? Pour ceux, rares mais trop nombreux, qui connaissent mal cette histoire, ceux qui découvriraient l’horreur à la lecture de Venezia, le livre rapportera la marche vers la mort, les trains, la rampe, la sélection, la chambre à gaz et le crématoire… Il fournira une de ces voix de survivants, tout à la fois fier et honteux d’avoir survécu. Un remarquable appendice historique de Marcello Pezzetti leur livrera les connaissances nécessaires. Mais pourquoi lire Venezia quand il y a Lévi, Semprun, Anthelme, Wiesel ? Espérons que les éditeurs ne tablent pas sur la fascination morbide que semble promettre le sous-titre : «dans l’enfer des chambres à gaz»…

Et pour les autres, les avertis, pour les historiens aussi ? Certes, on se réjouira de la parole d’un ancien membre du Sonderkommando. Bien peu ont survécu, car les nazis cherchaient à les éliminer systématiquement, parce qu’ils étaient juifs, bien sûr, mais aussi en tant que témoins gênants de l’extermination. Peu surtout ont témoigné d’une expérience où l’horreur se mêlait à la culpabilité (bien que Venezia ne soit ni le premier, ni le seul). Mais son témoignage peut surprendre par son étonnante précision, 60 ans après les faits. Car voici un récit tellement emblématique… Les figures imposées s’enchaînent. Tout ce que l’on sait sur les camps trouve matière à s’écrire, toutes les figures des exécuteurs, toutes les victimes analysées par Hilberg prennent place dans un récit modèle. Presque aucune place n’est laissée à l’oubli, au silence, au déni dans ce témoignage encadré par les questions en italique. Une illustration, peut-être mais pas une source.

Finalement, c’est dans la description de sa vie à Salonique avant la déportation que l’on trouve les pages les plus intéressantes, traitant d’une communauté juive grecque moins connue, et d’une situation particulière, celle d’un juif italien, en partie préservé pour cela.


Mathilde Larrère
( Mis en ligne le 20/10/2009 )
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