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Jolis fonds de tiroir
Mike Mignola   L’Homme à la tête de vis - Et autres histoires déjantées
Delcourt - Contrebande 2008 /  12.90 € - 84.5 ffr. / 80 pages
ISBN : 978-2-7560-1284-1
FORMAT : 17,3x26,4 cm
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Ils sont finalement peu nombreux les auteurs de comics dont même le lecteur non-expert peut reconnaître le dessin immédiatement, sans une pointe d’hésitation. De ces dessinateurs qui ont su insuffler un style personnel et une identité forte dans un paysage qui peut vite devenir répétitif et sclérosé, sans pour autant trahir le genre. Il y a eu notamment Alex Ross, Bill Sienkiewicz, Frank Miller... et Mike Mignola. Scénariste moyen mais narrateur efficace et grand dessinateur, il a créé une œuvre graphiquement forte, mélangeant habilement la gestion du noir et blanc, petit héritier de Milton Caniff, avec la culture dynamique et colorée, pop, du comics book. En plongeant ses pages dans des ténèbres opaques, dissimulant capes kitsch et musculature démente dans des ombres profondes et expressives, la patte Mignola reste toujours élégante et efficace. Plus encore, et ce recueil qui présente des planches datant de 1996 à 2002 en est la preuve, l’art de Mignola s’est au fil des ans affiné, se dirigeant vers une épure de plus en plus marquée, une économie de moyens radicale. Certaines de ces cases ne montrent en effet rien ou presque : une silhouette dans l’ombre, un visage buriné par l’encre, le tout appuyé par un aplat de couleur unique, radical. Et toutes les meilleures planches de Mignola sont de la même efficacité, à la fois solide et forte, et ne jouant pourtant que sur quelques éléments. Mignola cherche sans cesse à exprimer avec une palette de moyens restreinte, dénudée, une ambiance, une scène, d’où parfois cette quasi-abstraction des formes, ces volumes devenus plats, réduction géométrique des figures et des décors, et sculpture grossière, mais implacable, de la masse nocturne.

Aussi, même si ce recueil reste plutôt anecdotique, on ne boudera pas le plaisir de découvrir quelques planches inédites en France. Six récits sont réunis ici, piochés dans la vaste bibliographie de Mignola, avec une logique qui toutefois échappe.

L’histoire qui ouvre l’album et qui lui donne son titre est de loin la plus réussie : entre parodie et hommage, Mignola s’amuse à mettre en scène un héros improbable, Tête de Vis, commandité par Lincoln en personne pour aller botter l’arrière-train du vil Empereur Zombie. Tout un programme ! Écrite sur ce qui semble être le fil d’une improvisation hasardeuse, cette farce à prendre au sérieux montre un Mignola qui se moque de lui-même, parodiant son univers dont l’inspiration oscille irrémédiablement entre Lovecraft et la série Z. Il est d’ailleurs dommage que Tête de Vis n’ait pas été enrôlé à nouveau tant cette première aventure fantastico-débile semble appeler de tous ses vœux à ne pas rester orpheline.

Suit une histoire de malédiction, pour changer, et de maison hantée. Cette fois Mignola laisse les crayons à Ryan Sook qui, même si son dessin reste plus conventionnel, s’en sort sans démériter avec un noir et blanc inquiétant. La courte histoire mettant en scène The Mask reste une virgule colorée juste amusante, quant à l’aventure de Rusty Razorclam écrite par Steve Purcell, elle montre un Mignola encore empêtré dans un dessin hésitant entre épure et profusion de détails. Le scénario quant à lui laisse échapper quelques bons moments mais, dans le genre guide du routard galactique, on préfèrera toujours le D.R. & Quinch d’Alan Moore. Deux jolis contes achèvent enfin l’ouvrage, l’un flirtant encore une fois avec la parodie moqueuse, et l’autre, plus poétique, ayant tous les atours de l’histoire à douce morale que l’on écouterait réciter près du feu.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 20/02/2008 )
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