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Cotillons
 Rabaté   Le petit rien tout neuf avec un ventre jaune
Futuropolis 2009 /  18 € - 117.9 ffr. / 104 pages
ISBN : 978-2-7548-0277-2
FORMAT : 22x30 cm
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On connaît tous des boutiques comme celle-là. Celles où on trouve des étrons en plastique, des masques de Nicolas Sarkozy et surtout des trucs de footeux (« ce qui part le mieux »). Au comptoir, le vendeur n’a paradoxalement pas l’air de s’amuser. C’est aussi ce qu’a pu constater Pascal Rabaté, dans un magasin de farces et attrapes comme les autres. Le voici face à son nouveau personnage, celui du gérant du « Petit rien tout neuf avec un ventre jaune ».
Comme dans Les Petits Ruisseaux, comme dans La Marie en plastique, Rabaté se consacre aux anonymes : il raconte la misère d’un quotidien banal, dans une petite ville de province cernée par le chômage et le désespoir. L’usine de gadgets en grève, coincée entre les licenciements et la concurrence mondiale. Un couple à la laverie automatique, attendant dans une serviette de pouvoir récupérer ses uniques vêtements. Un autre dont on peut lire la trace en blanc sur le bitume : ils se sont jetés du toit.

Patrick passe au milieu de ces misères comme un homme-élastique. Tout mou. Liquéfié. Depuis que sa femme l’a quitté, il n’a plus goût à la vie. Jusqu’au jour où il rencontre Clarisse, l’acrobate. Son cirque est en crise aussi : le rêve ne fait plus recette nulle part. Mais Clarisse, elle, parvient à s’accrocher aux cordes et à continuer le spectacle, même sans spectateurs. Toute une différence avec Patrick, qui s’isole chez lui.
Leur rencontre n’est pas lumineuse, comme peut l’être celle de Stéphanie avec son bel agent de police. Patrick et Clarisse ont leurs vécus et leurs conceptions différentes d’une relation sentimentale. Leur rencontre et leur histoire nous sont racontées avec vraisemblance et humour. On se doute vite que cela n’a rien d’une love story, mais peut-être Patrick y trouvera-t-il le point d’appui pour sortir de la déprime ?

Le dessin de Rabaté se fait de plus en plus discret. Frêle, presque transparent. Il faut les acrobaties de Clarisse pour se ressouvenir de son talent dans l’évocation des corps. Le reste du temps, il s’efforce de se faire oublier. Comme il l’écrit dans le dossier de presse : « La société change, je change avec elle, je ne conçois pas que mon dessin ne s’adapte pas à ce changement ». En effet, dans cette histoire de crise et de misère, Rabaté se refuse toute esbroufe graphique, toute émotion visuelle même. Il dessine la fraîcheur du monde, avec tristesse.

Il y a de l’humour, pourtant, dans cet album. Mais pas là où il est censé se trouver. Le magasin de farces et attrapes est triste à mourir, les clowns se disputent hors de scène. Comme si la bonne humeur avait du mal à se faire une place dans un contexte social et moral difficile. Mais Rabaté nous montre du coin du crayon des raisons de continuer à sourire. Il a cette maîtrise du regard qui lui permet, tout en conservant une description très vraisemblable du monde réel, de s’arrêter sur les petits riens qui en font un objet esthétique. Quelque part entre l’ironie et la tendresse, des morceaux de chaleur qui surnagent : une autruche qui cause un accident, sur une route de campagne ; le directeur de l’usine en grève qui soupire au milieu des masques grimaçants ; ou un dessin de clown joyeux qui s’attriste une fois regardé à l’envers.
Dans ce portrait de la solitude, Rabaté réussit à nouveau son coup. Il s’éloigne autant qu’il peut du drame, du gros rire et de la belle aventure, pour se consacrer à l’intime universel.


Clément Lemoine
( Mis en ligne le 23/10/2009 )
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