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Demain dès Lob
Jean-Marc Rochette   Benjamin Legrand   Requiem blanc
Casterman 2014 /  20 € - 131 ffr. / 104 pages
ISBN : 9782203091702
FORMAT : 29,8x30 cm
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Profitant de la récente redécouverte du Transperceneige, Casterman donne un nouvel écrin à Requiem Blanc, que Rochette dessina dans la foulée en 1986. C’était sa première collaboration avec Benjamin Legrand, qui venait d’écrire Tueur de cafards pour Tardi et avec qui il retravaillerait par la suite pour L’or et l’esprit et la suite du Transperceneige.

Casterman a mis les moyens dans ce livre somptueux, plus grand que l’édition originale, bénéficiant d’une mise en couleurs toute en subtilité et d’un entretien passionnant avec les auteurs. Les deux hommes y racontent les conditions d’écriture de l’œuvre, leur pessimisme radical, leur désespoir couché sur le papier. L’accouchement fut d’ailleurs si douloureux que Rochette en sortit dégoûté de la bande dessinée, qu’il arrêta pendant six ans.
Guère plus positif, Legrand situe l’action en 2024, « l’année où [il] pressent sa mort, à l’âge de 74 ans ». Entre-temps, le scénario prévoit qu’ont eu lieu « les années sombres pour les blancs, la peur de l’an 2000, les guerres néo-islamiques, puis l’effondrement total des anciens systèmes. » Nous voilà donc plongés dans un monde au bord de la guerre, où les anciens empires sombrent dans le fascisme pour restaurer le pouvoir qu’ils ont perdu. Même à Zurich, il n’y a plus de paix nulle part : la neutralité est impossible.

À dix ans du compte à rebours, le livre reste actuel. La science-fiction court toujours le risque de vieillir plus vite qu’un autre genre, et le video computer dans la chambre d’hôtel n’a guère plus de sens aujourd’hui, mais le dessin de Rochette permet de conserver sa force à cette vision. Froid, presque blasé, il remet les gadgets à leur place dérisoire. Il ne s’agit pas là de construire une utopie technologique à effets spéciaux. Les éléments futuristes ne sont là que pour nous rappeler que cette histoire n’est pas encore arrivée. Ils nous proposent un exotisme léger, au même titre que les noms propres de personnalités inconnues qui s’égrènent de page en page. Nous ne sommes pas ici chez nous. L’étranger domine la place.
Aussi, on a souvent l’impression de ne pas connaître les règles du jeu. Le récit n’est pas simple à lire, d’autant plus que Legrand, qui aime écrire, en rajoute des tartines. Les personnages se confondent comme dans un Grand Sommeil du 21e siècle. Mais ils ne se bousculent pas pour autant, et ils crient encore moins. Quand ils tuent, c’est entre les cases, et tant pis pour le lecteur qui a lu trop vite. Une seule scène s’agite dans l’onirisme, un cauchemar rempli de mouches comme Legrand les affectionne. Le reste du livre s’allonge dans des décors désincarnés, des dialogues stériles et des parties d’échecs.

L’immobilisme est donc quasi-total, assumé graphiquement par un Rochette radical. Les superbes touches de couleur de cette réédition renforcent encore les ombres du noir et blanc initial.
De cette ambiance glaciale, il se dégage une forme de fascination. La situation politique n’a rien perdu de sa modernité, mais le plus obsédant n’est pas là. Loin de nous parler de l’avenir, Requiem blanc nous raconte une odyssée : l’histoire d’un homme qui cherche à rentrer chez lui, à renouer avec ses souvenirs. L’image d’une mère. Des auteurs insatisfaits qui s’inventent un futur pour pouvoir être nostalgique du présent. « le poids insurmontable des souvenirs secrets ».


Clément Lemoine
( Mis en ligne le 07/10/2014 )
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