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Les Demeures du soleil
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Le Despotisme éclairé

Louvois ou le soleil célébré
Thierry Sarmant   - Louis XIV, Louvois et la surintendance des bâtiments du Roi
Champ Vallon 2003 /  28 € - 183.4 ffr. / 387 pages
ISBN : 2-87673-381-1
FORMAT : 16x24 cm

L'auteur du compte rendu : Françoise Hildesheimer, conservateur en chef aux Archives nationales, est professeur associé à l'université de Paris I. Elle a notamment publié Fléaux et société. De la Grande Peste au choléra . XIVe-XIXe siècles (Hachette, 1999), et Relectures de Richelieu (Publisud, 2000).

Thierry Sarmant est collaborateur à Parutions.com

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Posons la question de fond en termes contemporains : Louis XIV fut-il un décideur en matière d’action artistique ? C’est à partir de l’étude d’un secteur particulier de l’administration, la surintendance des bâtiments du roi, dont Louvois eut la direction de la mort de Colbert en 1683 jusqu’à son propre décès en 1691, que Thierry Sarmant entend donner des éléments de réponse. Ce faisant, il entraîne son lecteur à travers les méandres de la logique floue des institutions d’Ancien Régime, en un secteur encore très proche de la gestion «domestique» des affaires publiques dont la monarchie dite administrative ne se dégage que lentement, ainsi qu’à travers les arcanes de la lutte de la couleuvre et des lézards, des clans Colbert et Le Tellier, puisque c’est à Colbert que Louvois succède comme surintendant. L’un des principaux apports de l’ouvrage est de proposer une réévaluation de cette guerre des clans dont les historiens ont souvent fait le moteur de l’action administrative, en montrant qu’il convient d’en relativiser l’importance car la réalité ne saurait s’y réduire ; différence de styles certes, on ne saurait le nier, jalousie également savamment entretenue par le roi lui-même, mais aussi continuités réelle d’un héritage qui remonte à Richelieu (et Sublet de Noyers) et surtout à Mazarin, au-delà des ruptures qui se réduisent à quelques épisodiques règlements de comptes à la Bibliothèque du roi et à la Grande Écurie. On observera cependant la finesse de l’observation de Thierry Sarmant opposant les deux grands ministres, Colbert faisant référence à l’État là où Louvois fait allégeance à la personne du roi.

Après cette mise au point, l’ouvrage, centré sur Louvois dont T. Sarmant connaît à merveille la correspondance, se développe d’abord vers le bas avant de se tourner vers ce firmament du pouvoir qu’est la personne royale : étude du fonctionnement interne de l’administration, relations de Louvois avec ses subordonnés, activités placées sous son autorité (visant à glorifier le roi par les bâtiments royaux bien sûr, mais également par l’activité des hommes de lettres et des savants) d’abord, ce qui permet à T. Sarmant de mettre en relation les indices que lui livre sa documentation avec les résultats des nombreux travaux d’histoire et d’histoire de l’art concernant la période, puis assomption vers le royal Soleil avec l’esquisse des relations entre le roi et son ministre, pour ensuite tenter d’esquisser ce qui revient à chacun au niveau de la décision comme en matière de goût.

Pour donner matière à ce programme, la correspondance du ministre, conservée au Service Historique de l’Armée de Terre, a été systématiquement exploitée et mise en relation avec les documents provenant du Secrétariat d’État de la Maison du Roi (série O1 des Archives nationales), ainsi qu’avec les travaux déjà réalisés par les historiens (au premier rang desquels figurent ceux de Bertrand Jestaz sur Hardouin-Mansart). En revanche, on regrettera la fermeture des archives Doudeauville, autrement dit des archives privées des Le Tellier. En effet, l’approche documentaire se révèle souvent difficile de l’aveu même de l’auteur : correspondances «trop lacunaires», comptes «trop souvent sibyllins» ; «dans les documents qui subsistent, le surintendant émet très peu de jugements esthétiques et avance encore moins de projets qui lui soient personnels»… Dans ces conditions, la sagacité et même la virtuosité de l’auteur sont mises à contribution pour reconstituer une histoire qui tient à la fois de la synthèse et de la microhistoire. On passe de Le Brun en pantoufles au Roi de gloire en majesté, de l’histoire intestine des canalisations et tuyauteries à la signification d’ensemble du programme monumental de Versailles, on conjugue histoire de l’art et histoire administrative avec la volonté de procéder à «une étude dynamique des fonctionnements et des pratiques politiques et administratives» dans le cadre institutionnel de la surintendance de Louvois.

Le lecteur attentif regrettera à plusieurs reprises que son goût de l’archive ne soit pas davantage flatté à l’aide de ces documents que l’auteur connaît si bien qu’il néglige parfois de lui fournir le texte sur lequel il fonde son raisonnement ou ses conclusions (par exemple, p.149, note 3 : «Voir ainsi la lettre de Louvois à Lefèvre…») ou même qu’il se refuse à cette microhistoire administrative dont ces textes pourraient être le support (p.327 : «Ce n’était pas ici le lieu de suivre heure par heure son ministère»). Mais ce lecteur pointilleux aurait mauvaise grâce à bouder son plaisir à la lecture de cet essai solide et brillant, aux formules incisives et aux conclusions suggestives, qui apporte sa pierre aux édifices historiographiques de la construction de l’État moderne et de la célébration de la gloire du Roi Soleil, même si le titre retenu par l’éditeur constitue finalement un costume trop large auquel on pourrait légitimement préférer, comme plus seyants et tout aussi imagés, soit celui suggéré par l’auteur lui-même, «Mars à la truelle», ou encore celui de «Louvois ou le soleil célébré» proposé par le préfacier.

Signalons in fine, toujours au débit de l’éditeur, l’emploi de caractères microscopiques faisant de la lecture des annexes une sorte d’exploit de déchiffrement et d’endurance, alors que les textes qui y sont publiés constituent l’un des points forts du volume ; un regret qui, pour l’index, se double de la constatation de son très frustrant caractère nécessaire et inopérant, puisque ses entrées sont remarquablement établies et identifient notamment tous les personnages cités, alors que ses renvois aux pages sont systématiquement faux.


Françoise Hildesheimer
( Mis en ligne le 22/12/2003 )
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