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Histoire & Sciences sociales  ->  Période Contemporaine  
 

Les étrangers au temps de...
Nancy L. Green   Marie Poinsot    Collectif   Histoire de l'immigration et question coloniale en France
La Documentation française 2008 /  20 € - 131 ffr. / 280 pages
ISBN : 978-2-11-006792-0
FORMAT : 17cm x 24cm

L'auteur du compte rendu : Grégory Prémon est agrégé d'histoire-géographie.
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Cet ouvrage constitue une belle réponse à l’Exposition coloniale de 1931, intitulée «Les étrangers au temps de l’Exposition coloniale». En effet, c’est un pari audacieux qu’a relevé et réussi la Cité nationale de l’histoire de l’immigration que de consacrer son premier colloque aux liens entre immigration et colonisation.

Ce travail a notamment été rendu possible grâce aux travaux novateurs de trois historiens aujourd’hui disparus. Abdelmalek Sayad tout d’abord. Il s’est longuement interrogé sur les liens entre émigration et immigration, en portant une attention soutenue au lieu d’origine des immigrés. Dans les années 1980 – et l’entreprise était alors inédite -, William B. Cohen a longuement étudié le regard des blancs sur les noirs. Derniers travaux à l’origine de colloque : ceux de Philippe Dewitte. Dans son ouvrage, Les Mouvements nègres en France, 1919-1939, il analyse le contenu et la variété des mouvements noirs qui naissent en France après la Première Guerre mondiale.

Quels sont les liens qui unissent immigration et colonisation ? Les deux ne sont pas a priori liés tant en France l’immigration d’origine européenne a pu avoir d’importance. Les liens ne sont pas donc directs mais ils existent. Dans quelles conditions se sont effectuées les migrations de ceux qui arrivent des colonies en métropole ? Quelles représentations ont-ils de la terre qui les accueille ? Comment sont-ils accueillis ? Comment vivent-ils en métropole ? Quelles images a-t-on de ces hommes ?

C’est tout l’intérêt de cet ouvrage que d’embrasser de larges pans de l’histoire pour répondre à ces questions. L’histoire des représentations est largement privilégiée pour expliquer le phénomène. Les auteurs s’interrogent ainsi tout d’abord sur «Les mots pour le dire» et terminent leur ouvrage sur «Le dire en images». Il s’agit alors de savoir quelles sont les images que les métropolitains ont des immigrés coloniaux et inversement, quelles représentations ces derniers ont du pays qui les accueille.

Certains champs historiques, aujourd’hui en partie délaissés, sont de nouveau mobilisés tandis que d’autres très novateurs sont mis en avant. C’est ainsi que l’histoire du travail retrouve sa place dans ces études, notamment à travers la contribution de Laure Pitti («Ordre colonial, migrations de travail et expériences militantes : le cas des Algériens en France (1945-1975)»). Plus originale, une très grande place est accordée à l’histoire du genre : «gender studies» et «colonial studies» - aujourd’hui parfaitement intégrées dans l’historiographie américaine – se rencontrent de manière féconde et originale en France. Enfin, qu’il s’agisse du «Corps de l’immigré en France» ou des «Champions «noirs»», une partie est consacrée aux représentations du corps et aux pratiques de santé, Richard C. Keller poussant l’ironie jusqu’à évoquer «Les deux corps de l’immigré en France dans les années 1970».

On ne peut par ailleurs que saluer le sérieux, la rigueur et l’originalité des méthodes mises en œuvre pour étudier les liens – finalement étroits – entre colonisation et immigration, étude qui s’appuie sur les sources les plus diverses. Les auteurs n’hésitent ainsi pas à pratiquer une histoire comparative, comparant par exemple l’intégration sociale et l’appartenance citoyenne des Antillais en France et aux États-Unis. Ils savent ainsi dépasser le cadre initial de la France et de ses colonies pour mieux les comprendre. Quant aux sources utilisées, elles sont d’une grande variété : des mères de famille aux femmes émancipées sur fond de mythe de l’Orientale, Lucie Vivier étudie ainsi l’image des Maghrébines dans le cinéma français.


Grégory Prémon
( Mis en ligne le 15/09/2009 )
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