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Histoire & Sciences sociales  ->  Période Contemporaine  
 

L'art de la guerre
Philippe Poirrier    Collectif   La Grande Guerre. Une histoire culturelle
PU Dijon - Histoire 2015 /  20 € - 131 ffr. / 300 pages
ISBN : 978-2-36441-139-5
FORMAT : 15,0 cm × 23,0 cm

Philippe Poirrier a collaboré à Parutions.com

L'auteur du compte rendu : Thérèse Krempp mène une recherche en doctorat à l'École des hautes études en sciences sociales sur l'armée française d'Orient pendant la Première Guerre mondiale. Avec Jean-Noël Grandhomme, elle a publié Charles de Rose, pionnier de l'aviation de chasse (éditions de la Nuée Bleue, septembre 2003).

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Les nombreuses manifestations organisées dans la plupart des villes et villages de France témoignent du succès du Centenaire de la Grande Guerre, mais aussi de son appropriation populaire. Cet intérêt pour la Première Guerre mondiale, toujours grandissant depuis les années 1990, lui redonne, à juste titre, une place matricielle dans la mémoire collective.

L’ouvrage présenté ici souhaite valoriser les résultats de plusieurs recherches sur la guerre et permettre une appropriation de ces réflexions par un large public. Les thèmes étudiés relèvent de l’histoire culturelle, mais aussi d’une certaine forme d’histoire sociale, les deux n’ayant pas forcément lieu de s’opposer. La première partie de l’ouvrage s’interroge sur les acteurs du monde de l’art et de la culture : comment ont-ils vécu, à l’arrière comme à l’avant, la Grande Guerre ? Comment participent-ils à l’effort de guerre ? La seconde partie analyse les productions culturelles du temps de guerre : comment ont-elles été marquées par le conflit ? Pour chaque expression culturelle, matérielle ou non, les contributeurs de l’ouvrage présentent les modalités de la production, les formes de circulation et les caractéristiques de la réception.

Avec son article sur la Grande Guerre des journalistes, Laurent Martin s’interroge à la fois sur la censure (censure officielle, auto-censure, «bourrage de crânes») et sur la propagande, organisée ou spontanée, au sein de la presse écrite. Une autre contribution présente les réactions de la communauté scientifique internationale face à la guerre. Les échanges et la coopération entre scientifiques français et allemands ont profondément pâti du climat d’hostilité ambiant, chacun cherchant à distinguer et à stigmatiser la science de l’ennemi.

Le monde sportif, bien établi en France en 1914, s’est également investi dans l’effort de guerre du pays : la zone de l’avant fut un lieu de pratique du sport, et les périodiques spécialisés ont cherché à donner un sens «sportif» à la guerre, par l’intermédiaire notamment de l’aviation. En effet, jusqu’en 1916 au moins, la guerre aérienne pouvait être considérée comme «plus propre», les pilotes étaient censés combattre avec un état d’esprit plus sportif, plus chevaleresque. La production artistique de l’après-guerre et de l’entre-deux-guerre, avec ses expositions et ses grands salons, est incluse dans l’étude consacrée aux artistes.

La seconde partie de l’ouvrage nous propose, entre autres, une étude sur les éléments de langage liés à la guerre et l’impact linguistique de la Grande Guerre : les processus de transferts, d’emprunts et d’hybridation du vocabulaire. Une autre contribution s’intéresse à ce qui est communément appelé l’artisanat de tranchées, pratique artistique très en vogue sur le front et à l’arrière, qui consistait à récupérer, à réemployer et à transformer les matériaux issus de la guerre industrielle.

Un article concernant la production et la diffusion des photographies nous permet de relativiser le poids de la censure sur la production visuelle illustrant la guerre. La censure était perçue au début de la guerre comme un élément indispensable dans la perspective d’une victoire rapide. La censure devint vraiment visible à partir de 1916, elle fut alors considérée comme une contrainte forte et vigoureusement critiquée. Cependant, elle ne fut pas en mesure de tout surveiller, et notamment les espaces de circulation entre l’avant et l’arrière qui étaient nettement plus importants qu’on ne l’imagine. Une autre contribution s’interroge sur le sort du patrimoine pendant la guerre : victime collatérale majeure de la guerre moderne et de ses moyens techniques de plus en plus destructifs. Les biens culturels dans les zones de conflit ont bénéficié de la concurrence franco-allemande en matière de plan de sauvetage et de préservation du patrimoine.

Ce livre enrichissant aborde des thèmes variés et nous montre, une fois de plus, que la Première Guerre mondiale est encore une source de recherches importantes.


Thérèse Krempp
( Mis en ligne le 16/03/2016 )
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