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Histoire & Sciences sociales  ->  Période Contemporaine  
 

Étrange défaite ou étranges victoires ?
Philip Nord   France 1940. Défendre la République
Perrin 2017 /  19,90 € - 130.35 ffr. / 240 pages
ISBN : 978-2-262-06560-7
FORMAT : 15,5 cm × 21,5 cm

Jacques Bersani (Traducteur)

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La défaite de 1940 n’a pas été celle d’un pays mal préparé et n’ayant pas envie de se battre. La version donnée par Pétain dès le mois de juin 1940 - les fameux «Trop peu d’alliés, trop peu d’armes et trop peu d’enfants» et «L’esprit de jouissance l’a emporté sur l’esprit de sacrifice» - est fausse. Elle a été avancée pour masquer la véritable cause et couvrir les véritables responsables : une armée mal préparée à un type de guerre nouveau, par des chefs n’ayant pas compris à quoi ressemblerait la guerre moderne.

Professeur à l'Université de Princeton et spécialiste de l’histoire politique de la France, Philip Nord entreprend dans ce petit livre de revenir sur plusieurs idées reçues sur la défaite de 1940. Encore marquée par le traumatisme de la Première Guerre mondiale et éprouvée par la crise des année 30, la France est à l’évidence entrée en guerre moins bien préparée qu’en 1914. Elle a commis des erreurs en ne réagissant pas aux provocations d’Hitler, en particulier en abandonnant la Tchécoslovaquie à Munich, mais elle n’a pas été la seule. L’Angleterre notamment, mais également les États-Unis, n’ont pas fait mieux. Au plan militaire, la France avait entamé son réarmement dès 1936, à l’époque du Front Populaire, qui a pourtant été accusé d’imprévoyance en la matière. En 1940, elle dispose d’une armée bien équipée, avec du matériel parfois supérieur en qualité à celui de l’Allemagne.

Sa principale faiblesse, qui se révélera fatale, est que les généraux français n’ont pas su penser la guerre et qu’ils sont surpris et battus par l’emploi combiné que les Allemands font de leurs blindés et de leur aviation dans les secteurs où ils cherchent la percée, et par l’audace de chefs de terrain, Rommel ou Guderian, qui exploitent les succès et prennent tout le monde de vitesse, y compris leurs supérieurs hiérarchiques, plus âgés et plus prudents. Quant à la troupe, une fois passée la surprise des premiers combats de mai 1940, où des unités ont lâché pied devant les panzers surgissant où on ne les attendait pas, et au son terrifiant des sirènes des stukas attaquant en piqué, elle s’est battue avec courage et ténacité.

Les lourdes pertes françaises, ainsi que les importantes pertes allemandes en hommes et en matériel confirment que, si la campagne de France fut brève, elle ne fut pas une débandade générale d’un côté, ni une promenade de santé de l’autre. Une fois la défaite consommée, vint le temps de la curée. De l’errance du gouvernement dans les châteaux de Touraine, jusqu’au casino de Vichy où eut lieu le vote fatidique des pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet, en passant par Bordeaux, Philip Nord raconte comment la République fut assaillie par ses ennemis, mais surtout trahie par ses élites, pour arriver à la mise en place de l’État français.

Ce livre n’apporte rien de vraiment nouveau, mais il constitue un bon résumé, et un point de départ pour ceux qui ne sont pas spécialistes du sujet. Il n’accable pas la France, ce qui venant d’un historien anglo-saxon mérite d’être signalé, mais insiste au contraire sur le fait que ni la défaite, ni Vichy, ni la collaboration, n’étaient inéluctables. En un sens, les victoires de l’Allemagne sur le plan militaire, et celles des forces réactionnaires sur le plan intérieur, sont au moins aussi étranges que la défaite elle-même. L'auteur rappelle enfin que la défense de la République doit être une priorité. C’était vrai en 1940, mais ce fut un échec. Cela reste une priorité aujourd’hui.


Antoine Picardat
( Mis en ligne le 15/11/2017 )
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