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Histoire & Sciences sociales  ->  Sociologie / Economie  
 

Eduquer l'opinion des masses
Ferdinand Tönnies   Critique de l'opinion publique
Gallimard - Bibliothèque de philosophie 2013 /  36.90 € - 241.7 ffr. / 762 pages
ISBN : 978-2-07-013020-7
FORMAT : 14,2 cm × 23,0 cm

Pierre Osmo (Traducteur)
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Ferdinand Tönnies n’est pas très connu du grand public. Il naît en 1855 à Kirchspiel Oldenswort en Allemagne et commença ses études en philosophie classique à l\'université de Strasbourg. Il abandonna Nietzsche et étudia Kant, Schopenhauer et la philosophie grecque. En 1876, il fit à Berlin la connaissance de Paulsen, philosophe et moraliste qui le marqua profondément. Tönnies se mit à l\'étude de Hobbes, de Spinoza, d\'Adam Smith, de Marx et s\'orienta vers les théories rationalistes du droit (Rousseau et Kant). En 1905, il publia des travaux sociologiques et entama une série de conférences au Congrès international de philosophie de Heidelberg. En 1909, Tönnies fut élu président la Société allemande de sociologie. La réédition en 1912 de Communauté et Société marqua une nouvelle étape et le début de la consécration. En 1913, il fut nommé professeur et enseigna l\'économie pratique et théorique. En 1916, il se consacra à ses travaux, et en 1922 parut Critique de l\'opinion publique, première partie d\'un ouvrage de grande envergure dont la seconde s\'intitule L\'Esprit des temps nouveaux. Il meurt à Kiel le 9 avril 1936.

Son parcours fut comme on le voit laborieux, parsemé de nombreux échecs mais la ténacité du philosophe paya et il vit le succès et la gloire de son œuvre à la fin de sa vie. C\'est peut-être dû au fait qu\'en défendant la grève des dockers à Hambourg en 1896, le gouvernement prussien bloqua ses candidatures... Ferdinand Tönnies eut en tout cas une influence majeure sur les figures de la sociologie allemande, notamment Georg Simmel ou Max Weber, mais son œuvre phare, Communauté et société (1887) eut un tel succès que ses idées se sont diffusées dans de nombreux autres travaux philosophiques et sociologiques.

Communauté et société sont les deux types de relations qui se nouent entre les hommes. La première appartient à la sphère de la proximité, de la confidence, de l’intimité, d’une vie organique tandis que la seconde, elle, se réfère au «public», au «monde» comme on dit. Dans l\'une, il y a la chaleur, l’affectivité des rapports humains, les opinions et les traditions tandis que dans l\'autre, nous sommes comme jetés en terre étrangère. Les membres de la communauté sont liés, par la famille, le voisinage, l’amitié, l’affection et l’enracinement dans le territoire. Ceux de la société sont séparés par les institutions, par la concurrence d’intérêts divers, l’argent, l’individualisme. Se crée donc une sorte de dichotomie qui sépare vie privée et vie publique, mais qu\'il s\'agit en réalité de résorber. On voit donc bien le problème qui agite toute société dans ce type de relations.

Sous l’influence de la culture, du progrès technique et social, ces relations s’intellectualisent, se complexifient, et la communauté évolue vers une société de plus en plus «organisée». Cette transformation ressemble à un processus de «désacralisation» ou de désenchantement, pour reprendre un mot cher à Marcel Gauchet qui signe ici la préface. On ne peut résumer ici les analyses fouillées, fourmillant d’exemples, où Ferdinand Tönnies développe les modes de constitution, les manifestations de l’opinion publique, ses états d’âme ainsi que le singulier passage d’une opinion publique à l’\'\'Opinion publique\'\'. Parti d’une étude sémantique pour déboucher à l’opinion publique en tant que facteur de la vie politique, le sociologue ne néglige rien, ni les signes par lesquels se manifestent l’approbation ou la désapprobation d’une opinion (mimiques, sifflets, applaudissements), la propagande, le slogan, la diffusion des nouvelles, la publicité, la mode, les luttes, les rivalités, les partis, les associations, les imprimés, les journaux, les écrivains. L\'ouvrage est d\'une grande richesse.

Ferdinand Tönnies ne pouvait bien entendu pas prévoir ce qu\'allaient devenir les moyens de communication de masse et comment ils allaient façonner cette fameuse opinion publique au point de la faire dévier vers des sphères ambigües. C\'est que Tönnies faisait confiance à la science et à l\'art qui pouvaient éduquer cette opinion publique, de sorte qu\'elle contienne une richesse d\'idées qui permettrait à l\'humanité de s\'élever. Elle n\'allait sans doute pas évoluer dans le \'\'bon sens\'\' toute seule et il faudrait en effet certaines réformes sociales pour, par exemple, qu\'elle ne subisse pas un journalisme bêtifiant.

Critique de l\'opinion publique reste donc un livre majeur pour comprendre les problèmes épineux que peut engendrer une société \'\'organisée\'\'.


Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 19/02/2013 )
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