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Sade sans sadisme
Marquis de Sade   Voyage à Naples
Rivages - Petite Bibliothèque 2008 /  9 € - 58.95 ffr. / 316 pages
ISBN : 978-2-7436-1830-8
FORMAT : 11cm x 17cm

Préface de Chantal Thomas.

L'auteur du compte rendu : Scénariste, cinéaste, Yannick Rolandeau est l’auteur de Le Cinéma de Woody Allen (Aléas) et collabore à la revue littéraire L'Atelier du roman (Flammarion-Boréal) où écrivent, entre autres, des personnalités comme Milan Kundera, Benoît Duteurtre et Arrabal.

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On peut être surpris de lire une sorte de \"guide touristique\" de la plume du trop célèbre marquis Donatien-Alphonse-François de Sade, né à Paris le 2 juin 1740, et auteur entre autres du surestimé La Philosophie dans le boudoir. Ici, il n\'est nullement question d\'inceste ou de crime. Il s\'agit d\'une sorte de journal de voyage, voyage que fit Sade pendant cinq mois en Italie, plus particulièrement à Naples et dans ses environs (moeurs et coutumes, monuments et oeuvres d\'art).

Son séjour à Naples date de 1776, entre janvier et mai. Dans la préface, Chantal Thomas nous signale que le marquis quitte la France en juillet 1775 alors que son image n\'est pas très positive dans l\'opinion. Après l\'affaire des prostituées de Marseille, vient celle des \"petites filles\". À Marseille, en 1772, il est accusé d\'empoisonnement : il avait distribué, lors d\'une orgie, des dragées aphrodisiaques à quatre prostituées, qui avaient rendu malade l\'une d\'entre elles ; Sade doit s\'enfuir en Savoie. L\'affaire fut trop vite menée puisqu’aucune des victimes n\'avait succombé et que les pastilles ne contenaient rien de suspect ; les filles, en août, se désistèrent de la plainte. Condamné à mort par contumace, Sade est arrêté, s\'évade, puis, cinq ans plus tard, il est capturé à Paris où il était venu régler ses affaires à la suite du décès de sa mère.

Aurait-on publié une telle oeuvre si elle n\'était pas écrite par le Marquis de Sade ? Ce n\'est pas sûr évidemment car il faut bien dire que le texte peut être assez ennuyeux pour celui qui ne connaît pas ou ne s’intéresse pas à Naples et ses environs. Évidemment, suivre ligne à ligne toutes les descriptions relève de l\'exploit tant le parcours est fastidieux ; Sade en est même conscient car il le confesse à un moment. Cela dit, on admire la qualité de l\'écriture, le style et le raffinement déployés par le célèbre libertin.

Il faut aussi avouer que le Marquis de Sade donne une autre image de lui, celle d\'un homme fin, cultivé, critique et délicat. On n\'en doutait nullement à vrai dire mais ses écrits facilement provocateurs et pornographiques, histoire de mettre le feu à la morale ou au moralisme, sentaient trop le \"dégoût intéressé\" pour être honnêtes. Ceux-ci masquaient trop l\'homme de culture qu\'était le marquis de Sade qui, ne l\'oublions pas, passa une grande partie de sa vie en prison, et finit à Charenton chez les fous après plusieurs années, sans jugement, par simple décision administrative. Il y meurt malgré ses suppliques et ses protestations le 1er décembre 1814 sans jamais retrouver la liberté. Sur les 74 années de sa vie, il en aura donc passé 30 en prison.

Le livre nous invite à un voyage érudit sur les moeurs et les coutumes de Naples, de la ville et de ses environs, à Pouzzoles, à Portici-Herculanum, mais aussi Pompéi, Stabia, Salerne, Paestum, Capri... Sade se fait étonnamment précis et minutieux. Tout y passe ou presque. Par exemple, en se promenant dans Naples, il décrit avec exhaustivité l\'église San-Gennaro, l\'église Santa-Teresa, celle de la Sanita, l\'église et la maison des Chartreux de Saint-Martin, le château Saint-Elme, la grotte de Pausilippe (le tombeau de Virgile). Et la liste n\'est pas close sans compter qu\'il critique tel tableau ou telle oeuvre d\'art avec le même sens du détail. Le marquis est littéralement boulimique et explore tout, voit tout, décrit tout.

Nul doute que ce voyage érudit à Naples intéressera les fins connaisseurs ou les passionnés de la ville ou de l\'Italie.


Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 16/09/2008 )
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