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Merci Bercy !
Thomas Bronnec   Laurent Fargues   Bercy au coeur du pouvoir - Enquête sur le ministère des Finances
Denoël - Impacts 2011 /  18 € - 117.9 ffr. / 282 pages
ISBN : 978-2-207-26144-6
FORMAT : 14cm x 22,1cm
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Les actuelles performances économiques de la France ne sont pas flamboyantes, loin s'en faut. Souvent présenté et repris dans les médias, le constat du déclin économique du pays est à tout le moins accablant. «Malgré une démographie favorable, le taux de chômage reste à un niveau proche des 10%». Et à cet égard, les seniors et les jeunes sont les plus touchés. En sus, «près de 8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté, avec moins de 950 euros par mois». Au bord de la faillite, pour reprendre une formule de 2007 de l'actuel locataire de Matignon, l'Etat peine d'autant plus à remplir ses fonctions que la crise est passée par là et qu'elle n'en finit pas de faire sentir ses effets.

Alors, s'interrogent Thomas Bronnec et Laurent Fargues dans leur dernier essai Bercy au coeur du pouvoir - Enquête sur le ministère des finances, à qui la faute ? A première vue, la réponse est évidente : pas particulièrement étouffés par le courage politique, d'une veulerie coupable, les ministres qui se sont succédé à Bercy seraient à l'origine directe de la mauvaise santé de l'économie hexagonale. A cet égard, la couleur politique ne serait pas décisive, l'incompétence étant équitablement répartie dans chaque camp politique. Pourtant, le diable se dissimulant souvent dans les détails, les choses seraient en fait bien plus compliquées et subtiles qu'il y parait. Les services de l'Etat, i.e. les hauts fonctionnaires du ministère, porteraient une part de responsabilité non négligeable dans ces échecs à répétition.

L'action politique et l'expertise technocratique se livreraient sans cesse un combat. En effet, précisent d'emblée les journalistes, «ce n'est pas, ou pas seulement, une administration qui exécute sans ciller. C'est aussi un ministère qui pèse plus ou moins dans la politique menée par l'ensemble du gouvernement». Naturellement, certains ministres tentent de s'extirper de la tutelle des hauts fonctionnaires de Bercy, de «s'affranchir de l'influence des directeurs de la forteresse», mais de tels efforts aboutissent sinon très rarement, du moins seulement de façon très temporaire. Le ministre récalcitrant faisant régulièrement l'objet de pressions - voire de remontrances - visant à «lui inculquer la pensée de Bercy», «cette idéologie qu'en d'autres temps certains avaient baptisée pensée unique».

Disposant par ailleurs d'un «quasi-droit de veto», rien de mois, le ministère de l'économie serait tout à fait capable d'infléchir dans un sens qui lui convient les décisions prises par le pouvoir politique. Le pouvoir de cette administration est sans égal. Au pouvoir de décision s'ajouteraient pêle-mêle un pouvoir d'exécution, un pouvoir d'influence ainsi qu'un grand pouvoir de nuisance. C'est pourquoi «le ministère des finances est une puissante machine qui n'a pas de rivale dans notre République et qui déploie ses ramifications dans l'ensemble de la vie économique française. Car, poursuivent les auteurs, le pouvoir de Bercy ne se limite évidemment pas aux frontières de la vie publique. Les hommes et les femmes formés au ministère ont colonisé l'ensemble des lieux de pouvoir en France, y compris au sein d'un secteur privé qui n'a pas complètement coupé le cordon ombilical avec l'Etat».

Pourtant, très paradoxalement, cet univers demeure très méconnu. D'ailleurs, «si curieux que cela puisse paraître, il n'y a jamais eu d'enquête pour cerner l'influence qu'exerce Bercy sur la vie politique et économique française». A cet égard, nombre des interlocuteurs de T. Bronnec et L. Fargues ont considéré l'idée de ce livre sur le ministère de l'économie et des finances comme fort «surprenante». Un inspecteur des finances s'est même imaginé que cet ouvrage avait été commandé par le ministère lui-même, «comme si personne d'extérieur à cette forteresse ne pouvait être habilité à en explorer les recoins». Jouant les ingénus, les hauts fonctionnaires de Bercy paraissaient se comporter «comme si ce qui se passe à l'intérieur du ministère le plus puissant de la République devait à tout prix rester secret, comme si la façon dont se fabrique la politique économique du pays devait conserver des allures de boîte noire dans laquelle seuls «ceux qui savent» auraient le droit de pénétrer».

C'est l'un des nombreux mérites de cette enquête que de jeter une lumière, certes crue, sur les arcanes de Bercy.


Jean-Paul Fourmont
( Mis en ligne le 13/04/2011 )
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