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La France des invisibles
Christophe Guilluy   La France périphérique - Comment on a sacrifié les classes populaires
Flammarion 2014 /  18 € - 117.9 ffr. / 192 pages
ISBN : 978-2-08-131257-9
FORMAT : 13,4 cm × 21,0 cm
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Le dernier livre de Christophe Guilluy poursuit les réflexions de son précédent essai, Fractures Françaises qui offrait une autre perception de la ''France d'en bas''. L'auteur montre que la mondialisation a bouleversé les structures de la société française, surtout au sein des classes populaires (la France des invisibles). Il explique dans ce petit livre écrit quelque peu sèchement que les classes favorables à la mondialisation ont sacrifié les classes populaires qui, de fait, n'allaient pas leur être favorables.

«Ainsi, la question sociale n'est pas circonscrite de l'autre côté du périph, mais de l'autre côté des métropoles, dans les espaces ruraux, les petites villes, les villes moyennes, dans certains espaces périurbains qui rassemblent aujourd'hui près de 80 % des classes populaires. Cette «France périphérique», invisible et oubliée, est celle où vit désormais la majorité de la population. C'est sur ces territoires, par le bas, que la contre-société se structure en rompant peu à peu avec les représentations politiques et culturelles de la France d'hier» (p.11).

La France est donc comme coupée en deux. D'un côté, une petite élite favorable à la mondialisation et de l'autre, les classes populaires hostiles à cette politique libérale. Le tournant fut 1983, quand la gauche a commencé à promouvoir le libéralisme favorisant le multiculturalisme, le nomadisme. Les fameux «bobos». Ce qu'on appelle la gentrification, l'installation des classes représentant l'économie-monde dans les anciens quartiers populaires des grandes métropoles, a fait augmenter les loyers et chassé les classes populaires des grandes villes. Ces dernières ont été remplacées aussi par une nouvelle immigration servant de caution antiraciste à la nouvelle classe dirigeante. Le parc du logement leur est majoritairement réservé (ce qui permet de les exploiter à moindre coût avec le soutien des militants de la cause des sans-papiers, qui oublient la cause des anciens travailleurs populaires, c'est-à-dire la classe ouvrière).

«La spécificité du modèle métropolitain est de générer sa propre sociologie. Une sociologie très inégalitaire avec d'un côté une surreprésentation des catégories supérieures, de la bourgeoisie traditionnelle aux bobos, et de l'autre des catégories populaires essentiellement issues de l'immigration récente et souvent précaire. L'émergence de cette sociologie s'est réalisée au détriment des catégories populaires et moyennes traditionnelles» (pp.40-41).

C'est tout le problème dans la République actuelle. Sous des apparats modernisateurs, réformateurs et progressistes, ont été appliqués les fondamentaux économiques et sociétaux du libéralisme anglo-saxon, dévoyant l'État républicain de sa politique nationale. «L'intégration économique et sociale n'est en effet pas contradictoire avec l'émergence sur ces territoires d'un modèle sociétal en phase avec la société multiculturelle. Mondialisées par l'économie, les métropoles favorisent aussi un modèle multiculturel et parfois communautariste, déjà perceptible dans les communes qui concentrent de fortes populations immigrées. Territoires mondialisés, les métropoles accouchent mécaniquement d'un modèle sociétal singulièrement éloigné du modèle égalitaire et républicain traditionnel» (p.34).

Contrairement à ce que l'on croit, explique Guilluy, les personnes âgées de la classe moyenne servent les intérêts des grands partis gouvernementaux. D'où le revirement du FN en matière économique et sociale vers ces classes populaires sacrifiées, étant donné qu'il n'existe plus de parti populaire (de gauche ou communiste). De gré ou de force, la classe économique favorable au libéralisme a permis la mise à l'écart des classes populaires, classes inutiles et hostiles au nouveau modèle économique. Guilluy conclut : «En réalité, il est frappant de constater que la nouvelle bourgeoisie, souvent de gauche, s'inscrit dans la droite ligne de la bourgeoisie traditionnelle qui ne pouvait percevoir les classes populaires que comme des classes dangereuses, incultes et infantiles qu'il fallait éduquer de toute urgence. Sur ce point, rien n'a changé» (p.157).

Pour comprendre ces enjeux contemporains, voilà un petit livre indispensable et détonnant. Le drame, si l'on peut dire, est qu'il n'existe plus à «gauche» de critique réelle du libéralisme. La contre-société populaire, depuis la disparition du Parti Communiste, a échu majoritairement au Front National, sans aucune voie vers une société populaire réellement socialiste, réellement de «gauche».


Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 20/03/2015 )
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