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Post-féminisme
Laetitia Pouliquen   Femme 2.0
Saint-Léger Editions 2016 /  17 € - 111.35 ffr. / 250 pages
ISBN : 978-2-36452-198-8
FORMAT : 12,5 cm × 21,0 cm
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Cédric Biagini écrivait dans L'Emprise numérique : "Nous sommes donc entrés dans une phase d’affaiblissement de la critique. Un courant de contestation politique analogue à celui qui fut porté dans les années 70 par des intellectuels de renom et par des mouvements d’une certaine ampleur serait aujourd’hui probablement qualifié de réactionnaire : ainsi les travaux de l’École de Francfort, pour qui la critique du capitalisme était indissociable d’une remise en cause de la massification et du mode de vie moderne, ou encore d'Henri Lefebvre pour qui «penser, c’est harceler l’existant»».

Laetitia Pouliquen est chercheuse à la Harvard Business School. Elle a ouvert le site WomanAttitude et intervient dans des conférences au Parlement Européen. Son livre est préfacé par Ludovine de la Rochère, présidente de la ''Manif pour tous'', ce qui lui donne une couleur politique particulière alors qu'elle évoque, au fond, peu son idéologie.

Ce qui est étonnant, c'est que le progressisme libéral a tellement bouleversé nos vies qu'il est parvenu à créer une sorte de couloir où se réunissent des opposants de tous bords, aussi ceux bien émanant du catholicisme, des gens de l'extrême droite que des anarchistes, libertaires, marxistes et des représentants de l'extrême gauche. Le cinéaste marxiste Pasolini, dans Écrits Corsaires, dès les années 70, critiquait vertement l’idéologie de la consommation et son hédonisme frelatée. Ce serait donc une erreur de classer le présent essai comme purement réactionnaire car le débat se situe ailleurs.

Composé de trois chapitres, cet essai analyse toutes les «révolutions» qui ont changé la vie des femmes (et celle des hommes par la même occasion) : le premier, intitulé ''Les revendications féministes. «Mon corps m’appartient»'', s’attache à décrire les changements depuis les années cinquante, avec l'accès à la pilule et le droit à l’avortement, ou encore la PMA. Le second s’attaque à la théorie du genre. Le troisième enfin, ''Femme 2.0, La fin de la femme ?'', analyse les mutations en cours comme le transhumanisme ou les technologies NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatiques, Sciences Cognitives) qui, selon Laetitia Pouliquen, mèneraient à la fin de la femme en tant que telle.

Il est clair qu'un tel essai est en partie militant sans être nécessairement moraliste. Ce qu’on peut lui reprocher principalement, c’est de ne pas entrer dans la discussion critique et d’aligner les changements techniques ou sociétaux avec un postulat négatif. Bien souvent, Laetitia Pouliquen dresse la liste des bouleversements sans les mettre en perspective.

Par exemple, elle n’interroge pas la question de la perpétuelle innovation technologique soutenue par le progressisme libéral, et légitimant tout changement sociétal ou technique. Un argument souvent utilisé est que la technique ou la technologie seraient neutres et que seule leur utilisation pourrait être mise en cause. Comme s'il fallait sans cesse innover, être en mouvement et que l'immobilisme serait uniquement "horrible". De nombreux d’intellectuels freinent des quatre fers face à tous ces changements imposés sous le sceau du progrès et l’idée que ce progrès ne peut être que positif. L’un des plus récents essais à ce sujet est celui d’Alexis Escudéro, La Fabrication artificielle de l’humain ; citons aussi La Silicolonisation du monde d’Éric Sadin. Deux ouvrages d’une autre ampleur par rapport à ce qui nous est proposé ici.

Il est donc dommage que Laetitia Pouliquen ne pousse pas plus avant la réflexion, ce qui aurait donné du poids à son ouvrage, relativement court d'ailleurs. Il est clair que le débat risque d’être féroce à l’avenir entre ceux qui veulent un contrôle efficace, voire radical, de ces technologies, et ceux qui s’en remettent à tous ces changements. Jean Baudrillard avait constaté que la servitude volontaire s'est inversée. L’injonction de désir, de liberté subjective et de choix sous le sceau de l’individualisme incarne le libéralisme le plus débridé.


Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 19/06/2017 )
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