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Des hommes comme les autres ?
Anna Cabana   Quelques minutes de vérité
Grasset 2016 /  18 € - 117.9 ffr. / 210 pages
ISBN : 978-2-246-85158-5
FORMAT : 13,0 cm × 21,0 cm
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Grand reporter au Point et éditorialiste sur BFM.TV, Anna Cabana, 36 ans, journaliste politique, spécialiste de biographies (Cécilia, Juppé, Villepin), publie un recueil de courtes chroniques, résultat de quinze ans de carnets de notes et d’interviews. Anna Cabana a une plume alerte, le sens de la formule, un regard perçant et une réelle capacité à ressentir l’autre, sans nécessairement être en empathie, et enfin, ce qui n’est pas négligeable, elle connaît admirablement son sujet.

De l’automne 2001 à janvier 2016, 27 chroniques et un épilogue, 27 chroniques qui dressent de façon incisive le portrait d’une personnalité, politique ou non ; parmi ces dernières, Johnny Hallyday, Patrick Bruel, Alain Finkielkraut, Patrick Modiano : le grand écart en quelque sorte… Le tout donne un ouvrage fort bien écrit, distrayant et… édifiant ! Les petites phrases abondent : Aquilino Morelle, interviewé en août 2013, affirme «je suis une boussole, je montre la gauche», un an avant d’être contraint à la démission de son poste de conseiller à l’Elysée pour suspicion de trafic d’influence. La leçon de langage et de morale de Dominique de Villepin : «La deuxième personne du pluriel, c’est une aubaine, une distance qui permet de tout dire, un éloignement formel qui autorise toutes les audaces, on est beaucoup moins libre à la deuxième personne du singulier. C’est pour ça que je n’ai jamais voulu que Sarkozy et moi nous nous tutoyons. Le «tu» est une prison». Le désespoir de Jean-Louis Debré : «Je suis frappé par l’incompétence. Il y a toujours eu de l’incompétence dans la classe politique, mais là ça atteint un niveau inédit» (décembre 2014).

Dans cette galerie de personnages, il y a les caractériels - Borloo, Balkany (lui ; Isabelle, elle, sèche les larmes de la jeune journaliste inexpérimentée) -, le fantôme - Jérôme Cahuzac qui évoque «(s)es amis qui (l’)ont crucifié» -, le pathétique - Julien Dray : «François (Hollande), il est habile dans la gestion humaine. (…) Je suis quoi pour lui ? Je n’ai pas la réponse». Les amabilités : ainsi Peillon à propos de Jean-Marc Ayrault : «Ce mec qui est certifié d’allemand, emmerdant comme une vieille chaussette (…)». Il y a l’anonyme de l’épilogue qui a un jour confié un vrai secret, dramatique, à Anna Cabana, la condamnant ainsi au silence. Il y a les solitaires et ceux qui jouent en couple : les Balkany, les Sarkozy (Anna Cabana a publié une biographie non autorisée de Cécilia en 2008).

Dans les solitaires : NKM, qui, confrontée à Xavier Bertrand lors d’une pendaison de crémaillère, lui lance : «Je ne crois pas que les gens attendent de leurs élus qu’ils leur ressemblent. Ils n’ont pas besoin de s’identifier à nous. Nous sommes un point de repère, une référence, ils ont besoin de nous toucher.(…) Il y a quelque chose de christique dans ce qui lie l’électeur à l’élu». Christique ou non, on peut aussi à la lecture de ce livre s’interroger sur ce qui lie le journaliste politique à son sujet. Pour bien les connaître, Anna Cabana dresse des descriptions nuancées de ces héros d’une contemporaine Comédie humaine, elle fait apparaître les personnalités sous les masques publics, les individus derrière les rôles, au lecteur de décider s’ils en sortent grandis, et si un idéal les habite. Quant à la question du narcissisme… inutile de la poser !

À côté de ces grands fauves, Alain Finkielkraut confie sérieusement n’avoir jamais été déçu par les éléphants, Johnny Hallyday, à table, garde devant lui son verre d’alcool et un gigantesque plateau de sauces pour compenser le régime imposé par Laeticia, ou Patrick Modiano considère que l’Académie française n’est pas un endroit pour les écrivains. Ils apparaissent alors bien ternes…


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 29/04/2016 )
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