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L’impouvoir des mots
Brahim Metiba   Ma mère et moi
Editions du Mauconduit 2015 /  7,50 € - 49.13 ffr. / 57 pages
ISBN : 979-10-90566-15-6
FORMAT : 11,5 cm × 20,0 cm

L’auteur du compte rendu : Arnaud Genon est docteur en littérature française et professeur certifié en Lettres Modernes. Il enseigne actuellement les lettres et la philosophie en Allemagne, à l’Ecole Européenne de Karlsruhe. Visiting Scholar de ReFrance (Nottingham Trent University), il vient de publier Roman, journal, autofiction : Hervé Guibert en ses genres (Mon Petit Editeur, 2014). Il a cofondé les sites herveguibert.net et autofiction.org.
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Ma mère et moi est un petit livre qui vient de paraître aux éditions du Mauconduit. C’est le premier livre de Brahim Metiba. C’est un petit livre par sa taille – une soixantaine de pages – mais qui en dit beaucoup plus que beaucoup de livres plus épais. Il en dit beaucoup plus car il va à l’essentiel. Sa langue est épurée, sans fioriture. Elle sait où elle va, ce qu’elle veut, ce qu’elle veut dire et que le titre dit déjà, interroge, tout au moins : quelle est l’essence de la relation à notre mère ?

Le narrateur de ce récit est né en Algérie et vit désormais en France. Il retrouve sa mère qui habite en Algérie, après avoir passé, en 1961, une année en France. Ils se retrouvent donc. Mais c’est difficile lorsqu’on a changé. La mère ne le retrouve d’ailleurs pas parce qu´il n’est plus le même. Il ne dit plus «nous» lorsqu’il parle des musulmans, c’est «étouffant». Il ne répond pas quand elle lui demande s’il fait toujours sa prière. Il cherche le bonheur en dehors du «mariage avec une musulmane» qu’elle lui conseille. Il est homosexuel. Elle ne sait pas lire ni écrire. Lui, il aime les mots, les livres…

Pour essayer de se retrouver, il lui propose une lecture qui dure 23 jours. Le Livre de ma mère d’Albert Cohen. Mais plus que les rapprocher, le livre les sépare, encore, car il soulève les problèmes liés à la judéité et à l’islam… Par les mots, le narrateur voudrait communiquer avec sa mère, se rapprocher d’elle. Mais les mots ne sont pas assez forts, ne vont pas au-delà des «systèmes» auxquels ils se réfèrent.

Alors, quelle est l’essence de la relation à notre mère ? Ce sont les mots, aurait-on envie de répondre, à la lecture de ce petit livre qui en dit beaucoup. Ce n’est pas pour rien que l’on parle de la langue maternelle. Quand les mots ne parlent plus, quand ils n’en disent pas plus que le silence, il est difficile, voire impossible, de se retrouver. On s’aime encore, cependant. Oui. On s’aime encore, et l’on va au marché…


Arnaud Genon
( Mis en ligne le 16/03/2015 )
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