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A cœur ouvert
Nicolas Rey   Dos au mur
Au Diable Vauvert 2018 /  18 € - 117.9 ffr. / 265 pages
ISBN : 979-10-307-0175-3
FORMAT : 13,0 cm × 19,7 cm

L’auteur du compte rendu : Arnaud Genon est docteur en littérature française. Il enseigne actuellement les lettres et la philosophie en Allemagne, à l’Ecole Européenne de Karlsruhe. Visiting Scholar de ReFrance (Nottingham Trent University), il a notamment publié Hervé Guibert, l'écriture photographique ou le miroir de soi (Presses Universitaires de Lyon, en collaboration avec Jean-Pierre Boulé, 2015) et un roman, Tu vivras toujours (La Rémanence, coll. Traces, 2016).
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On se souvient sûrement du jeune Nicolas Rey qui sévissait, à la fin des années 90 et au début des années 2000, sur les plateaux télé. Il était, comme on dit, l’écrivain à la mode. On l’aimait bien d’ailleurs, avec sa sympathique gueule de bobo branché, le néoromantisme trash qui nourrissait le succès plutôt mérité de ses premiers romans parmi lesquels Treize minutes (Valat, 1998) ou Mémoire courte (Au diable vauvert, 2000) qui reçut, des mains de son ami Frédéric Beigbeder, le Prix de Flore.

Mais voilà, les excès d’antan – alcool, drogues, médocs – ont fait leur œuvre et Nicolas Rey a traversé une sombre période, relatée dans Un léger passage à vide (Au Diable Vauvert, 2010). Cures de désintoxication, séparation d’avec la mère de son fils, incapacité d’écrire, de travailler… Le voici, au moment de la rédaction de ce nouveau roman, «dos au mur». La femme qu’il aime le plus au monde l’avertit qu’elle le quittera bientôt, il se voit obligé de vendre son appartement pour payer ses impôts et rembourser son crédit, de demander de l’aide à ses parents qui lui donnent un peu d’argent pour qu’il puisse régulièrement inviter son amoureuse, Joséphine, à la pizzeria ou au cinéma. Et puis il y a son fils, qu’il adore et pour qui, quand il allait mal, il a voulu rester en vie. Il voudrait le combler mais il ne peut, faute de moyens, rien lui offrir. Et comme si cela n’était pas suffisant, le narrateur se trouve pris dans une sombre histoire de plagiat qui vient couronner le tout !

Alors, on suit Nicolas Rey dans les différents combats qu’il mène, on l’accompagne dans ses déboires, dans ses maladresses, dans sa naïveté attachante, dans sa volonté de dire enfin toute la vérité après avoir si longtemps menti : «C’est tellement plus simple de ne pas mentir», confesse-t-il. «Je vais pouvoir enfin dire ce que j’ai sur le cœur». Plus de mensonge donc, plus de circonvolutions. Nicolas Rey semble ne plus jouer car le jeu a assez duré : «Il fallait que je le fasse, il fallait que je mette mes tripes sur la table. Ce n’est pas joli à regarder, et alors ? C’est ma vie. Mon erreur». Il ne s’épargne pas, Nicolas Rey, il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il ouvre «les fenêtres en grand». La complaisance, le narcissisme, il laisse ça à ceux qui se regardent écrire les Autres, l’Ailleurs, le Monde, l’Histoire…

Nicolas Rey se suffit à lui-même : il est son propre sujet. Bien sûr, il embarque avec lui sa petite famille : son père à qui il rend un vibrant hommage, sa sœur qui tombe amoureuse de Mathieu, le musicien avec qui il effectue des lectures, alors qu’ils ont vingt ans d’écart… et qui se «découvre» en même temps enceinte et alcoolique. «Je me suis demandé – note le narrateur à ce propos – à quoi bon faire un livre qui raconte la vérité quand la réalité dépasse à ce point la fiction».

Son avocat, sortant d’une lecture que Nicolas Rey vient de donner dans un théâtre, lui déclare : «Tu m’as fait chialer, petit con. Il y a tout dans ton texte, l’amour d’un homme pour sa femme, l’amour d’un père pour son fils et l’amour tout court». On pourrait aisément reprendre cette phrase pour résumer ce roman. On en sort attendri, touché et bouleversé. On a ri et on a eu les yeux troublés… On aimait bien le Nicolas Rey d’avant. Lui-même le regarde avec «tendresse pour son côté irrécupérable et du dépit pour le mal qu’il a pu commettre». On l’aimait bien quand même. Mais celui de Dos au mur a gagné en profondeur et en consistance. Il est désormais difficile de ne pas l’aimer beaucoup !


Arnaud Genon
( Mis en ligne le 20/04/2018 )
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