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Heavenly Creatures
Claire Messud   La Fille qui brûle
Gallimard - Du Monde Entier 2018 /  20 € - 131 ffr. / 256 pages
ISBN : 978-2-07-273487-8
FORMAT : 14,2 cm × 20,6 cm

France Camus-Pichon (Traducteur)
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Claire Messud possède un style qu’on dira... intraveineux : incisif et
possédant. Après avoir détricoté l’amitié malsaine liant deux femmes dans
La Femme d’en-haut, c’est celle fusionnelle puis implosée entre deux
adolescentes qu’elle déroule ici, de la fin de l’enfance aux balbutiements
de l’âge adulte : années collège, années lycée...

Et l’Amérique de classes moyennes frappées d’anomie, bouillon social dans
lequel grandissent ces deux filles, la narratrice Julia et son amie Cassie.
Nous sommes dans les années 2010 : après le 11 Septembre et la crise des
subprimes. Malgré les tubes sous amphétamines de Katy Perry, l’oncle Sam ne
fait plus rêver, incarné peut-être par cet hôpital psychiatrique à
l’abandon, que les deux fillettes explorent clandestinement durant leur
dernier été. Nous sommes quelque part entre Alice Munro, Joyce Carol Oates
et Heavenly Creatures de Peter Jackson. Un féminisme littéraire
moite, métallique, entêtant.

Le schéma est classique : deux enfants élevées dans des familles
sensiblement différentes (une mère seule, le père disparu, pour Cassie alors
que les parents de Julia sont ce couple stable et petit bourgeois), voient
leur amitié se disjoindre avec l’entrée au lycée. Alors que Julia reste
cette fille modèle attachée à son amie, Cassie, elle, prend ses distances et
s’acoquine avec les mauvaises pousses cools du lycée. Et un garçon qu’elles
se disputent. "Depuis tant d'années qu'elle et moi étions amies, en fait
depuis toujours, nous employions les mêmes mots, tout en pensant peut-être à
des choses différentes - tantôt légèrement différentes, tantôt radicalement
dissemblables ; et nous ne nous en étions jamais rendu compte''
.

Le récit prend un tournant bien plus original dans son dernier tiers, quand
Cassie disparaît pour affronter ses propres fantômes. Fidèle à leur lien,
Julia fait son possible pour la retrouver.

Un récit qui tient surtout au style de Claire Messud, et l’introspection de
Julia, ses craintes, ses doutes finement exposés. Et la peinture d’une
Amérique sans éclat, ses Dunkin Donnut’s de bord de route où l'ennui infuse,
les rues sans âme où il ne fait pas bon marcher seule, tout étant motif à
inconfort et risque au pays de l'hyperconfort et de l’hypersecurité.
"Parfois, je me disais que grandir en étant une fille, c'était apprendre
à avoir peur''
.


Thomas Roman
( Mis en ligne le 01/06/2018 )
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  • La Femme d'en haut
       de Claire Messud
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