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Para-littérature
Lisa Balavoine   Eparse
JC Lattès 2018 /  18 € - 117.9 ffr. / 256 pages
ISBN : 978-2-7096-5984-0
FORMAT : 13,0 cm × 20,5 cm
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Lisa Balavoine a 43 ans. Elle est professeur-documentaliste. Elle vit à Amiens. Elle est mère de trois enfants. Le papa n'a pas supporté, il est parti. C'est l'heure du bilan. Elle décide de se plonger dans l'écriture fragmentaire pour parler de sa vie fragmentée. De son enfance dans les années 80, de son adolescence la décennie suivante, de sa jeunesse ensuite et du déclin actuel. Mais elle reste une femme moderne, acharnée et prête à vivre les choses à fond !

Fragmenter sa vie, c'est restituer le souvenir à coup de pelleteuse, semble-t-elle nous faire comprendre... car Lisa y va fort. Les images défilent inlassablement : les enfants qui grandissent, les couples qui se séparent, les corps qui s'enchevêtrent, les mélodies qui braillent, les acteurs qu'on adule et les amantes qu'on jalouse. Bref, on recherche le bonheur mais le plus souvent on échoue. Donc on prend sa plume et on égraine les étapes les unes après les autres. Soit ! Mais un psychanalyste aurait mieux à faire avec cela qu'un lecteur. Errances de la femme pop-moderne qui souhaite vivre comme une jeune... mais qui ne l'est plus.

Alors on parle crûment de sexe entre quadras, des gosses qui font leur crise d'ado sur Smartphone, des souvenirs lugubres du papa absent ou de la grand-mère mourante (sans oublier la maman qui ne l'a jamais aimée) et les images de l'enfance viennent décorer de manière nostalgique un présent peu reluisant. Si la littérature peut se définir par un langage de vérité, encore faudrait-il qu'une vision esthétique l'accompagne. Même si Lisa Balavoine a choisi le fragment autobiographique pour définir son projet, cela ne suffit pas, il faut du talent et de la distance. Quant au style, (tout en fougue lyrique, pleurnicharde et sans retenue), on semble se trouver plutôt dans une émission de W9 que dans une oeuvre littéraire.

Certes, l'auteure a du tempérament et souligne qu'une vie peut ressembler à un brouillon pas loin de finir à la poubelle. Mais le lecteur se noie malgré tout dans un catalogue de clichés propres au "type" féminin qui s'épanche sur son devenir. On n'est pas loin de la M.I.L.F. hystérique qui mélange sentiment et pornographie, viol de son innocence et expertise en éjaculations... La maman dépassée par la modernité, mais qui est festive, libérée et autonome, se regarde le nombril et rêve encore à quelques amours ! Le tout dans une ambiance pop-culture qui n'échappe pas au pathos du présentisme : "Retiens mes pommettes que tu aimais tant. Retiens le rouge sur mes joues. Retiens mon sale caractère et les colères tempétueuses. Retiens mes mains qui serraient fort les tiennes. Retiens la manière que j'avais de te considérer, la valeur de cela, mesure-là. Retiens mon sourire, surtout ne l'oublie jamais. Retiens nos étreintes et laisse les brûler la rétine de ta mémoire. Retiens nos acharnements, nos entêtements, nos conflits. Retiens le dessin de mon corps qui se collait au tien et les mouvements de nos bassins. Retiens ce que je fus pour toi, ces années, ces mois, ces heures, leur souffle. Retiens-moi encore longtemps, n'efface rien. Retiens tout. Retiens-moi". Doit-on vraiment la retenir ?...

On voyage dans une sorte de sous-catégorie nombriliste où téléréalité, New-Wave, Goldorak, premières règles et soirée pyjamas dégoulinent sur une vie fragmentée de douleurs, de solitude et de petits instants de grâce. Un éditeur a décidé de publier Eparse, en précisant que c'est un roman, preuve que les écrivains n'intéressent plus grand-monde et que les éditeurs ne savent plus définir un genre, encore moins une oeuvre. On lira ce grand déballage impudique pour l'oublier aussitôt, tout comme ces flashs infos qui défilent toute la journée, précisant que l'été il fait chaud (l'auteur s'abreuve elle même de ce type d'images, confie-t-elle...).

Plutôt que de lire Lisa, on recommande alors d'écouter l'oncle paternel qu'elle s'était créé à l'école pour frimer devant les copines : un certain Daniel B...


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 08/06/2018 )
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