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Voie solitaire
Pascal Quignard   L'Enfant d'Ingolstadt - Dernier royaume - Tome 10
Grasset 2018 /  20 € - 131 ffr. / 288 pages
ISBN : 978-2-246-81793-2
FORMAT : 14,0 cm × 20,5 cm
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Depuis 1998 et la publication de La Vie secrète (tome VIII), Pascal Quignard poursuit son œuvre, ‘’Le Dernier royaume’’, dont le premier tome est Les Ombres errantes (2002). Une Oeuvre volontairement énigmatique, construite méticuleusement hors des sentiers battus et des modes éphémères. Quignard offre à son lecteur des fragments : contes, légendes, poèmes, étymologies… inventant ainsi un nouveau genre littéraire, inclassable.

Il faut attendre les chapitres XXVIII et XXIX pour avoir l’explication du titre du volume, tiré d’un conte des frères Grimm, L’Enfant entêté (1819). Un conte terrible : «un enfant entêté ne faisait rien de ce que sa mère voulait». Dieu le punit d’une maladie mortelle ; enterré, son bras ressort sans cesse de terre ; appelée à la rescousse, la mère frappe le bras à coups de baguette de jonc : «Alors le bras se retira et l’enfant se reposa sous la terre». Le conte est lui-même repris d’une source plus ancienne, un lied de 1522, intitulé L’Enfant mort d’Ingolstadt.

De l’histoire terrible de cet enfant ‘’en-têté’’, dominé par une idée fixe, Pascal Quignard tire une réflexion sur la conscience profonde qui anime l’homme : «Quelque chose d’extérieur au langage est resté accroché mystérieusement dans la cavité et ne peut en être délogé. Il y a une tête rebelle dans la tête, plus ancienne, sans voix, sans vocalisation intériorisée, sans conscience. Cette tête en état de rébellion à l’état pur, c’est le rêve. Le rêve voilà le maître des images». Tel le bras de l’enfant, l’art surgit du plus profond, s’impose, quels que soient les efforts pour le contraindre ou l’éteindre.

Cette histoire est la clé de la réflexion de ce texte, réflexion sur l’image, la figuration, l’art, le rôle et la place du rêve, l’importance du faux, de la possibilité de mentir, la place essentielle des hallucinations oniriques. Sur son site (http://pascal-quignard.fr), Pascal Quignard commente : «L’art dès son origine témoigne activement d’un passé présent : d’un rêve actif qui passe les générations et remanie ce qu’il fait revenir. L’art de la préhistoire est une référence fondamentale pour toutes les populations humaines actuelles. C’est le véritable patrimoine. Ce sont peut-être même les seules traces d’un fond universel qui s’est dispersé avec la curiosité territoriale propre à l’espèce et l’éparpillement des langues qui sont impuissantes à offrir d’aussi saisissantes archives originaires au fond des mots dont elles usent».

Il est difficile, sinon impossible et non souhaitable, de résumer ce livre si riche, mais on peut aller au chapitre XIV, intitulé ‘’Pétrarque au Petit Abergement’’ : Pascal Quignard y commente un conte tiré de Pétrarque, celui de voyageurs qui, à une croisée de route, ont le choix entre deux chemins. Et Pétrarque choisit : «quelle que soit la réponse donnée, il faut à chaque fois choisir le chemin opposé à celui qui sera indiqué par le groupe. C’est la voie solitaire. La  via solitaria qu’il suivit toute sa vie».

Cette voie solitaire, Pascal Quignard, l’emprunte dans ‘’Le Dernier Royaume’’, invitant ses lecteurs à une lecture sans aucun doute exigeante, déconcertante pour qui découvre cet auteur, mais d’une très belle écriture et qui ouvre des horizons fertiles. À lire et à relire par fragments…


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 16/11/2018 )
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