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Qui a tué mon père
Edouard Louis   Qui a tué mon père
Seuil - Cadre rouge 2018 /  12 € - 78.6 ffr. / 96 pages
ISBN : 978-2-02-139943-1
FORMAT : 13,1 cm × 18,5 cm
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Si l'intention du récit d'Edouard Louis, enfant chéri d'un certain microcosme parisien, est noble, son traitement par contre, un court récit sans substance, ne l'est pas.

L'auteur revient sur son enfance, ouvrière, provinciale, ''périphérique'' comme on dit maintenant, un père rustaud, taiseux, malhabile dans les sentiments, innervé par la honte du fils pédale. Un spectacle à la maison, quand l'enfant, travesti, essaie d'attirer et l'attention et la fierté de son père, joue ici le rôle de souvenir omphalos, échec ogival qui dit tout : l'amour, les regrets, l'amertume, l'incompréhension... et puis, le temps aidant, comme une accoutumance, le germe d'un pardon.

Un pardon qui se métabolise en transfert. Le père mal-aimant devient dans les dernières pages la victime aimée/pardonnée d'un système rouleau-compresseur qu'Edouard Louis désigne d'un ''J'accuse'' hélas bien faiblard. L'auteur devient ce Gavroche démagogue disant la faute de ceux qui nous gouvernent - Sarkozy, Hollande, Macron - sans aller plus loin. Le père, chômeur et invalide, se dissout socialement et humainement dans la valse des réformes et des insultes professées par nos présidents et leurs gouvernements.

Il y a une légitimité, une urgence même, à dire que chez beaucoup de Français, réduire le revenu mensuel de quelques Euros, est un drame. On l'oublie. On ne veut pas l'entendre. Que les dispositifs pensés en cabinets ont des effets fatals pour des milliers de nos concitoyens. Que la macroéconomie se prélasse souvent sur un assemblage muet de microhistoires tragiques. Soit. Certes. Mais Edouard Louis manque le coche par une avarice de mots qui confine à la paresse. On ne dit pas le malheur du monde en 70 pages, en se contentant de raconter ''son'' histoire comme le ferait un adolescent planchant sur le bois d'un pupitre. On retrousse ses manches, on lit d'abord, on se renseigne. Car un sujet pareil méritait plus d'étoffe, de profondeur... de travail. Et moins de ''moi''. On préfèrera lire Balzac ou Zola, Zadie Smith ou, même, contemporain d'Edouard Louis, et chez le même éditeur, Ivan Jablonka.


Thomas Roman
( Mis en ligne le 13/06/2018 )
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