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Pour mémoire…
Laurent Herrou   Les Jours comptés
Jacques Flament Editions 2019 /  10 € - 65.5 ffr. / 86 pages
ISBN : 978-2-36336-375-6
FORMAT : 13 cm × 20 cm

L’auteur du compte rendu : Arnaud Genon est docteur en littérature française. Il enseigne actuellement les lettres et la philosophie en Allemagne, à l’École Européenne de Karlsruhe. Visiting Scholar de ReFrance (Nottingham Trent University), il a publié plusieurs essais et deux romans, Tu vivras toujours et Mes écrivains (La Rémanence, coll. Traces, 2016 et 2018).
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Dans Les Pièces (Émoticourt, 2012), Laurent Herrou explorait la mémoire des différents lieux du château de Villequiers, château acquis par son grand-père maternel au début des années soixante et dans lequel il avait passé de longues périodes de son enfance et de son adolescence. Il nous faisait déambuler du bureau au grand salon, du jardin à la française aux multiples chambres (la ronde, la jaune, celle des grands-parents…) avec ce que chacune contenait de souvenirs, d’émotions, d’ombre et de lumière. En ce temps, les aïeux du narrateur étaient en vie, la famille se retrouvait au château pour retisser les liens que la distance distendait.

Aujourd’hui, les grands-parents du diariste ne sont plus. Le grand-père d’abord, puis la grand-mère, il y a un peu plus d’un an, ont disparu. Ses derniers temps, cette dernière les avait passés dans une maison de retraite. Laurent Herrou s’était installé au château pour pouvoir lui rendre régulièrement visite et pour que le lieu reste en vie. Ce lieu, il le faisait vivre, en y vivant, en en faisant, parfois, un lieu d’exposition, de rencontres artistiques. Ce lieu, il l’avait rêvé résidence d’auteurs, Villa Médicis du Cher…

Mais voilà, alors que la famille a décidé de vendre le château, Laurent Herrou, installé depuis quelques temps à Bruxelles, revient sur les lieux, pendant 24 jours, pour ranger, mettre en ordre, débarrasser la demeure dans laquelle il a vécu, il a créé, il a aimé. Les jours sont comptés, décomptés et le narrateur consigne, dans son journal, l’amour qui est le sien pour ces pierres et les fantômes qu’elles hébergent, l’amertume de les voir laissées à d’autres qu’il ne connaît pas encore… Lui, la «mémoire du château», le gardien du temple, se voit obligé de quitter cet endroit qui légalement ne lui appartient pas, alors même qu’il serait le seul à pouvoir légitimement l’habiter.

«Ils auront beau arpenter les pièces, ils n’y verront jamais ce qui y vit», remarque Laurent Herrou dans les dernières pages du texte. Journal d’une dépossession (être possédé, dé-possédé, se résigner à fermer une dernière fois les grilles), Les Jours comptés est aussi – paradoxalement – une manière d’habiter à jamais ce lieu que Laurent Herrou abandonne malgré lui (comme il l’avait fait avec le chat, Berry). Car si la famille a décidé de liquider sa propre mémoire, les pierres, au même titre que les mots de l’auteur, la conserveront à jamais. Une partie de son œuvre, bien au-delà des considérations matérielles, est, et en restera, le splendide, le sombre et lumineux mausolée.


Arnaud Genon
( Mis en ligne le 18/01/2019 )
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