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21 avril : suite et fin…
Harold J. Benjamin   Morte en passant
Bénévent 2005 /  17 € - 111.35 ffr. / 196 pages
ISBN : 2-84871-856-0
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Si les apparences sont parfois trompeuses, il arrive aussi qu’elles corroborent parfaitement la réalité. On le vérifie sans même avoir lu une ligne de Morte en passant, roman signé Harold J. Benjamin, qui, sous des dehors de polar, dissimule un authentique… polar. La couverture du livre, zoom sur une antique machine à écrire à ressorts, le nom de l’auteur, qui sent son pseudonyme à des lieux à la ronde, sont déjà de précieux indices. Et si les premières pages du livres, chronologiquement situées en divers endroits durant la Seconde Guerre mondiale, peuvent certes laisser croire à un roman historique, elles prennent rapidement la forme de prolégomènes à une histoire policière en bonne et due forme, construite et rédigée conformément aux canons du genre.

Printemps 2007, l’extrême-droite vient d’arriver au pouvoir par la voie des élections législatives. Zahia Cherkaoui, commissaire à la brigade criminelle, enquête sur un meurtre dont la piste la mène un demi-siècle plus tôt, dans les recoins les plus sordides de l’histoire de France. Inutile d’en dire plus, le lecteur aura soin de découvrir par lui-même une intrigue qui ne se distingue certes pas par sa singularité, mais puise une force indéniable dans la méticulosité de sa construction. Des scènes courtes, peu narratives et délibérément axées sur le dialogue s’enchaînent avec nervosité dans une écriture si souvent cinématographique qu’elle prend à l’occasion les allures de synopsis. La mécanique est bien huilée, un peu trop peut-être, car si la lecture de l’ouvrage s’avère prenante, elle n’en manque pas moins de surprise ; Harold J. Benjamin maîtrise l’exercice du polar en bon artisan du genre, mais ne lui apporte guère de renouveau. Les amateurs trouveront toutefois largement leur compte dans un travail aussi bien ficelé.

Le véritable intérêt de Morte en passant réside dans le contexte socio-politique qui sert de cadre à l’histoire. Dans une France aux mains de l’extrême-droite, l’héroïne, issue de l’immigration maghrébine, ne doit pas seulement trouver un meurtrier ; elle doit aussi s’en méfier. Le récit s’en trouve teinté d’une certaine angoisse, sentiment de stress, paranoïa rampante, qui gagnent peu à peu tous les personnages. Publié à quelques mois des prochaines élections présidentielles et dans le souvenir encore chaud du 21 avril 2002, ce livre, polar anodin en apparence, prend donc une saveur particulière.


Stéphane Rose
( Mis en ligne le 14/12/2005 )
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