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Voyage en terre inconnue…
Christine Flament   Ces paysans qui nous nourrissent
Des ronds dans l'O 2018 /  18 € - 117.9 ffr. / 120 pages
ISBN : 978-2-37418-051-9
FORMAT : 19,0 cm × 23,0 cm
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Aquarelliste talentueuse, auteur de plusieurs carnets de voyage, Christine Flament publie ce carnet en terre inconnue… ou presque, pour les citadins que nous sommes devenus. En résidence d’écrivain à Châteldon, en Auvergne, elle a enquêté sur les paysans de cette région fortement rurale. De février à juillet, nous la suivons d’une ferme à l’autre, auprès de paysans (paysans et non agriculteurs, le terme est revendiqué) qui exercent leur métier avec passion mais dans des conditions difficiles. Les difficultés sont d’une part financière - dans la société «de consommation» le travail du paysan est faiblement rémunéré -, mais également d’un autre ordre.

Tous s’interrogent sur les modes de production, l’agriculture biologique ou raisonnée, comment ne pas épuiser les sols et maintenir un équilibre fragile. Comment fournir des produits de qualité ? Objectif qui, pour certains, est possible avec les méthodes modernes mais en les utilisant judicieusement. En Auvergne, l’élevage domine et l’auteur excelle à peindre sur le vif ces vaches paisibles, chèvres curieuses, pintades assemblées, poules picorant. Portraits d’éleveurs aussi : Marie-Pierre, dont le mari est entrepreneur forestier, est à la tête d’une vaste basse-cour («quatre-vingt canards, cent pintades et cent-quarante petits poulets») à laquelle s’ajoute un troupeau de brebis. François élève des vaches allaitantes, Jean-Paul, sur le Larzac, produit de l’agneau bio. Agnès et Dominique sont des bergers «à l’ancienne» qui mènent leurs brebis paître dans la nature.

Nombreux sont les maraîchers : David dans les Cévennes cultive l’oignon doux, Olivier à Bailleul dans le Nord descend d’une longue lignée d’agriculteurs installés au même endroit depuis 1645, et fournit fruits et légumes cultivés sans insecticides ni pesticides. Francis, lui, a quitté la terre, pour s’installer comme cafetier à Palavas les Flots… Certains appartiennent à des familles de paysans, d’autres tels Dominique le maraîcher qui cultive selon les méthodes de Rudolf Steiner ou encore Sylvie la chevrière, sont venus de la ville.

Curieuse de tout, Christine Flament s’intéresse aux modes de production, à la nourriture des animaux, aux produits utilisés dans le domaine des soins, dans le traitement de la terre, aux règles et contraintes qui pèsent sur un secteur très surveillé. Règles et contraintes sur la logique desquelles on peut parfois s’interroger… Son pinceau agile traduit bien en couleurs ces réalités et donne vie à cette enquête minutieuse fondée sur des témoignages. Soulignons la qualité de la maquette et le format confortable (19x23cm) qui permet de mettre en valeur les aquarelles.

Des destins variés, des personnalités différentes, mais un même métier : produire les produits alimentaires. La question qui tend l’ensemble de l’enquête est bien celle-ci : que mangeons-nous quotidiennement ? Notre «nourriture» est elle dangereuse à terme ? L’album refermé, gageons que peu de lecteurs auront envie d’acheter conditionné en grande surface du boeuf, en fait «vache de réforme», et regarderont avec une méfiance accrue leurs fraises poussées hors sol, en «jardins suspendus» comme le dit de façon plus poétique leur maraîcher. Ils seront plus sensibles à la question des subventions agricoles qui encouragent l’agriculture ultra productive et dont ne bénéficient ici quasiment aucun des exploitants rencontrés.

Ceux-ci ont fait le choix de rendements moindres, sans pour autant nécessairement rompre tout lien avec le monde des grandes surfaces : les agneaux de boucherie de Marie-Pierre par exemple sont vendus chez Carrefour. Cependant la plupart des paysans interrogés ici ont plutôt fait le choix de circuits courts.

Un carnet de voyage original tant par le choix du sujet que par la façon de le traiter.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 18/06/2018 )
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