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Bel ovni post-punk
Jean-François Sanz    Collectif   Des jeunes gens mödernes - Post-punk, cold wave et culture novö en France de 1978 à 1983
Editions Naïve 2008 /  39.00 € - 255.45 ffr. / 191 pages
ISBN : 978-2-350-21146-6
FORMAT : 20 x 26,5 cm
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Alors qu’en Angleterre, au sortir des années 70, le post-punk prend son essor avec, en particulier, séminal et essentiel, Joy Division et, en général, les autres groupes du label Factory, Section 25, Tunnelvision, Crispy ambulance, que la musique est froidement martiale, désaffectée, prolétaire, d’une mate neurasthénie, et que l’esthétique pose au minimaliste, en France, parallèlement, ressemblante mais pas identique, s’annonce la culture Novö.

Quelle est-elle ? Une manière de new-wave (de cold-wave) hexagonale, portant haut le concept de modernité, rejetant autant les encens hippies et les avachissements soixante-huitards que le rock sex and drugs, pompier et progressif. Fascinée par la technologie, elle se plaît aux robots, au nucléaire, aux synthétiseurs et premiers séquencers, aux panoramas industriels, à la science-fiction et aux néons, au clubbing. Cultivée (cultureuse), elle met en cimaise Lang, Murnau, Nosferatu, Egon Schiele, le caligarisme et autres écrans démoniaques célébrés par Lotte H. Eisner. Arty, elle fait le voyage de Berlin et du New-York warholien. Graphique, elle emprunte au constructivisme, au futurisme, puis s’écrit avec des trémas : möderne, dïsk, diskö…

C’est affaire aussi de jeunes gens chics, issus de la bourgeoisie, désinvoltes et, sans doute, moins dandys d’aurevilliens que snobs électriques, radioactifs, voire acidulés. Sont là Elie et Jacno et les Stinky Toys, Métal urbain, Marquis de Sade, Taxi girl, comme Lio, Étienne Daho… Sans oublier Alain Pacadis et Yves Adrien qui, littéraires, classieux, en édicteront les règles, en écriront, au gré de livres et proses réformées et futiles, en quelque sorte, le(s) manifeste(s), les bréviaires.

Des jeunes gens mödernes, bel objet à la belle mise en page, en est le témoignage, dont la richesse iconographique (photos, projets de couvertures, pochettes de disques, peintures, bandes dessinées) et les textes en exposent toute l’éclectique créativité. Cela a le charme du superflu, qui prend avec le temps la patine de la nostalgie. Pourtant, toute proportion gardée, on ne se déplaira pas à penser que ces jeunes personnes n’auront jamais rompu avec les idéologies passées (pesantes, dogmatiques sans doute, mais sérieuses) que pour mieux épouser celle de la société de consommation dont ils ne seront rien plus que les branchés ; qu’ils n’auront jamais été que les prophètes de la culture du narcissisme, de l’individualisme contemporain où, les gens, coupés de tout référent et récit collectif, sont fins prêts pour accepter à peu près n’importe quoi – surtout -, précisément, ce concept de modernité, posé comme absolu, alors qu’il n’est que relativité et vacuité, et sert la promotion des pires régressions structurelles.


Pierre Pyrmont
( Mis en ligne le 03/07/2008 )
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