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Ecarlate no-man's-land
Douglas Kennedy   Piège nuptial - Nouvelle traduction
Pocket 2009 /  6.50 € - 42.58 ffr. / 250 pages
ISBN : 978-2-266-19282-8
FORMAT : 11cm x 18cm

Première publication française en novembre 2008 (Belfond - vendu avec un DVD : Douglas Kennedy ou l’éloge de la fuite)

Nouvelle traduction de Bernard Cohen

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Voici une nouvelle traduction du premier roman de Douglas Kennedy, paru alors sous le titre Cul-de-sac. C’est avec délectation que l’on (re)découvrira le voyage terrifiant et hallucinant de Nick dans une Australie sauvage, aride, poussiéreuse, rouge et dépeuplée. D’ailleurs, qui pourrait vivre dans le bush, désert écrasant et collant, entre la ville de Darwin et celle de Perth ? Des milliers de kilomètres d’arbustes rachitiques, de pistes et de kangourous suicidaires, se jetant sur les rares véhicules dès que tombe la nuit. Et quel autre endroit au monde s’habille d’une nuit aussi noire et vide ?

Nick, bientôt la quarantaine, a le blues. Célibataire, sans enfants, il a plutôt tendance à fuir les responsabilités, même dans son boulot. Journaliste, il préfère écrire des chroniques dans les feuilles minables de quelques états américains sans envergure que d’assumer une plume incisive dans des quotidiens prestigieux. Lassé de lui-même, il décide, par le plus grand des hasards, de partir à Darwin, le bout du monde australien.

Arrivé dans cette ville à l’architecture insipide, peuplée de soldats en mission et de bars à putes, il achète un van à un illuminé pour traverser le bush. Il veut tester sa résistance, faire connaissance avec lui-même.

Et il est servi questions embûches et autres galères ! Déjà, assumer le sentiment de solitude qui s’empare de lui, dans ce vaste désert rougeoyant, est une première claque. C’est dur de se retrouver sur une terre semblant n’avoir jamais été foulée par l’Homme…

Quand il rencontre Angie, jeune effrontée, gaillarde et plutôt du genre brute odieuse, Nick apprécie cette nouvelle compagnie. Certes, sa familiarité à la limite de l’indécence, sa gloutonnerie sexuelle et sa violence comportementale intriguent Nick. Il élabore surtout un monologue intérieur qu’il jettera, comme à son habitude, au visage de la fille pour éviter tout engagement affectif.

Pris au piège de sa lâcheté, il ne voit pas venir le danger. Angie, originaire de Wollanup (village semble-t-il tribal dans le cœur du bush), a des objectifs très précis. Dans un moment d’égarement, au milieu d’un quiproquo, Nick émerge d’une nuit cauchemardesque sans fin… à Wallonup ! Et là, le véritable enfer démarre, un enfer inimaginable parce qu’il est trop concret, dans un lieu peuplé de gens en chair et en os. Wallonup et ses maisons en tôle ondulée, où la notion même de confort précaire est méconnue, Wallonup et ses "chaleureux" habitants qui vous accueillent avec des insultes, des menaces et des recommandations dignes d’un camps de réfugiés, Wallonup et ses règlements tout droit sortis d’une dictature. Une prison à ciel ouvert, sans enceinte…. Seul le désert vous nargue.

Nick, pour la première fois, ne peut pas fuir sa réalité et les conditions de son existence. Il ronge intérieurement sa colère, évacue son étouffement en observant ces prédateurs et découvre qu’il est doté d’une capacité à s’adapter, à singer la soumission et finalement à structurer des désirs… de fuite mais aussi de vie. Comme si le néant de Wallonup, dans un reflet ironique, lui renvoyait sa propre inconsistance.

L'écriture de Douglas Kennedy est drôle, équilibrée et vivifiante. Il réussit génialement à embarquer le lecteur dans un voyage où se côtoient l’horreur humaine et des personnages d’une banalité affligeante.


Frédéric Bargeon
( Mis en ligne le 21/12/2008 )
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