L'actualité du livrerencontre rencontrefemme Dimanche 16 juin 2019
  
 
     
Le Livre
Poches  ->  
Littérature
Essais & documents
Histoire
Policier & suspense
Science-fiction

Notre équipe
Littérature
Essais & documents
Philosophie
Histoire & Sciences sociales
Beaux arts / Beaux livres
Bande dessinée
Jeunesse
Art de vivre
Sciences, écologie & Médecine
Rayon gay & lesbien
Pour vous abonner au Bulletin de Parutions.com inscrivez votre E-mail
Rechercher un auteur
A B C D E F G H I
J K L M N O P Q R
S T U V W X Y Z
Poches  ->  Littérature  
 

Jouer, défier, jouir
Alexandre Jardin   Mes trois zèbres
Le Livre de Poche 2015 /  7,10 € - 46.51 ffr. / 283 pages
ISBN : 978-2-253-06846-4
FORMAT : 11,0 cm × 17,8 cm

Première publication en octobre 2013 (Grasset)
Imprimer

Alexandre Jardin a toujours souffert de devoir accepter une existence normale, comme il nous l'explique à la première page de Mes trois zèbres. Il cherche une existence «parée de rêves» et surtout idéalement française. Mes trois zèbres nous présente trois hommes qui savaient jouer, défier, jouir – qui, selon Jardin, savaient vivre. Ces sont les trois pères imaginaires de Jardin, trois hommes dont il est tombé amoureux, et qui, pour lui, incarnent sa joyeuse idée de la France.

Mes trois zèbres s'inscrit dans le sillon de Des gens très bien, où Jardin retraçait les liens unissant son grand-père, Jean Jardin (le Nain Jaune), au régime de Vichy ; mais il s'agit ici de réinventer le propos, de l’ensoleiller. Alexandre Jardin voulait être autre que Jardin : «Il me fallait me fabriquer un je amélioré qui soigne mon chagrin de porter un nom sali à Vichy en 1942». Donc, il s’est approprié trois pères imaginaires. Ceux-ci se nomment Sacha Guitry, Charles de Gaulle et Giacomo Casanova ; trois hommes qui savaient, avant tout, se réinventer : "Ce trio d’enchanteurs prouve que l’on peut s’engendrer soi-même au lieu de se contenter d’être né ; et qu’il n’y a qu’en s’inventant par écrit que l’on devient Français de fibre, que l’on renouvelle ce curieux pays né de livres, de songes d’écrivains».

Il s’agit de trois vies très différentes : Sacha, dramaturge, acteur et réalisateur, qui ne restait jamais enfermé dans son propre personnage, mais qui écrivait, jouait et faisait vivre les personnages qu’il désirait convoquer dans sa propre réalité ; Charles, homme politique qui, en renonçant à son individualité, est devenu la création de sa propre écriture, le général de Gaulle, incarnation de la France libre ; et Giacomo, aventurier et grand séducteur, pour qui le plaisir était un principe inflexible, et qui, dans une liberté infinie, s’était recréé comme Français. Leurs points communs ? D’abord, ce sont trois créateurs d’eux-mêmes, ils savaient quoi faire avec le réel : «Sacha Guitry en joue, de Gaulle le défie, Casanova en jouit libéralement». Mais surtout, leurs réinventions commençaient par l’écriture.

Et Jardin aussi. À la fin du récit, ses trois pères lui ont appris à vivre sans peur et pour lui-même : «Tout commence». Mais son projet ne se termine pas là. En décrivant ces trois hommes joyeusement français, il cherche à se battre contre la peur et rappeler les Français à la liberté et la joie – les exhorter à VIVRE. Ce livre peut-il à lui seul réveiller la France ? Peut-être pas. L’amour décrit pour ces trois hommes paraît trop intime, trop lié à l'expérience particulière de Jardin pour qu’on se sente soi-même totalement embarqué.

Mais on a là un impeccable manifeste de l’enzébrement...


Mari Berg Henie
( Mis en ligne le 09/02/2015 )
Imprimer

A lire également sur parutions.com:
  • Entretien avec Alexandre Jardin
  • Des gens très bien
       de Alexandre Jardin
  • Quinze ans après
       de Alexandre Jardin
  •  
    SOMMAIRE  /  ARCHIVES  /  PLAN DU SITE  /  NOUS ÉCRIRE  

     
      Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2019
    Site réalisé en 2001 par Afiny
     
    livre dvd