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''La saison des grandes phrases''
Lydie Salvayre   Pas pleurer
Seuil - Points 2015 /  7,30 € - 47.82 ffr. / 264 pages
ISBN : 978-2-7578-5472-3
FORMAT : 11,0 cm × 17,8 cm

PRIX GONCOURT 2014

Première publication en août 2014 (Seuil - Cadre rouge)


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Alors que l'Espagne peine encore aujourd'hui à regarder en face les fantômes de la Guerre civile et du franquisme, la démocratie moderne espagnole étant née sans épuration, aggiornamento mettant le passé dans un point aveugle et autiste des inconscients, il semble qu'une sorte de retour du refoulé opère de notre côté des Pyrénées, chez des auteurs nés de cette guerre. Car on oublie que la Guerre civile est aujourd'hui un épisode de l'histoire de France tant sont nombreux les enfants et petits-enfants français nés de réfugiés espagnols...

Lydie Salvayre, née Arjona, est de ceux-là et nous livre avec Pas pleurer le récit âpre et poignant d'une famille en 1936-37, récit d'une guerre opposant plus que deux clans, intestine aussi au sein de la gauche républicaine, entre communistes téléguidés par Moscou et anarchistes du POUM, entre catholiques conservateurs encore sûrs de leurs principes chrétiens et ceux déchaînés par les généraux, avec bénédiction papale, massacrant à tour de bras à Majorque et partout dans la Péninsule.

La narratrice fait parler sa mère, Montsé, qui, alors, était une jeune adolescente, avec ce paradoxe humain que l'été 36 fut pour elle la plus douce des saisons, le temps de l'amour et de l'extase, la découverte de la ville et de sa ferveur, loin du village catalan familial encroûté dans la terre, l'ennui et les traditions. «C'est la saison des grandes phrases, répondit Montse rayonnante». Un village où la guerre se joue aussi sur une petite scène, avec ses agitateurs, ses notables, les envolées politiques et les retournements perfides. Où la guerre épouse aussi des rivalités plus anciennes et personnelles. Jusqu'au(x) drame(s)...

Au récit de la vieille dame qui, au soir de sa vie, aime à rappeler ce jeune soi-même (elle aime aussi lâcher les pires injures et parler dans un français joliment lardé d'hispanismes !), le récit associe la voix de Bernanos, témoin des atrocités franquistes dans la Majorque de 1936, dont il témoigne aussitôt dans ce qui deviendra Les Grands Cimetières sous la lune. Un écrivain catholique pointe du doigt les agissements si peu chrétiens d'autres catholiques fanatisés.

Pas pleurer dit toutes ces contradictions et petitesses humaines, ponctuées heureusement d'instants de génie, de bravoure, de ferveur amoureuse et d'idéalisme infrangible. Et le temps a passé, mais rien ne change, nous dit la narratrice qui semble déceler dans l'aujourd'hui les mêmes fantômes que ceux d'hier. Encore des ombres, mais qui montent, qui montent...


Thomas Roman
( Mis en ligne le 12/10/2015 )
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