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Eloge de l'impassibilité
Natsumé Sôseki   Oreiller d'herbe ou Le voyage poétique
Philippe Picquier - poche 2018 /  10 € - 65.5 ffr. / 271 pages
ISBN : 978-2-8097-1349-7
FORMAT : 11,0 cm × 17,0 cm

Première publication française en octobre 2015 (Philippe Picquier)

Elisabeth Suetsugu (Traduction)

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Un peintre fuit Tokyo et son tumulte pour la sérénité de la campagne. Dans une auberge d'une station thermale, il passe quelques jours et se laisse emporter par les délices de la contemplation, soumis aux effet d'une observation poétique mêlant l'acuité et l'abandon de soi. On parle aujourd'hui de ''pleine conscience'' pour décrire cet effort d'ancrage dans l'ici et le maintenant, sans pensée ni jugement. Il y a plus de cent ans, dans le Japon de Meiji, Sôseki parlait quant à lui très justement d'impassabilité. ''Les choses se transforment selon l'oeil qui les voit''.

Parfaitement rendues par la traduction d'Elisabeth Suetsugu, ces ''rêveries d'un promeneur solitaire'' emportent immédiatement le lecteur, très volontiers du voyage, pérégrination entre les beautés de la nature et les incongruités composant le monde des hommes : cette jeune femme furtive que l'on dit folle, avec qui se tissent des affinités tout à fait palpables, ce coiffeur gourmand de commérages, les objets précieux que l'on peut trouver vains, comme ces cérémonies du thé dont la mécanique militaire ne convainc pas notre narrateur qui leur trouve un côté ''nouveau riche'' ; l'entrée dans la modernité et les premiers transferts culturels venus d'Occident. Venise s'invite dans cette campagne japonaise...

De l'acuité aux rêves, le spectre des états de la conscience est décliné, ainsi du demi-sommeil, que le narrateur nomme ravissement et définit en ces termes : ''Comme si j'avais mis deux univers dans le même vase et que je les mélangeais à l'aide du bâton de la poésie''. Car l'oeil fait l'artiste, le peintre ou le poète. Voir façonne le verbe, les détails saisis et lovés dans des formules d'alchimiste littéraire ; de superbes haïkus ponctuent le récit. ''Tout ce qui m'arrive me plonge dans la stupeur''. Saine stupeur dont on se déprend trop souvent...

A lire absolument, ce texte, d'une modernité éclatante, rappelle ainsi les esprits à l'ordre, eux qui vagabondent aujourd'hui si souvent en des directions sans issues, scotchés au passé, assoiffés de lendemains qui les terrifient aussi. L'impassibilité ramène à cet instant présent : notre seul territoire.

Ajoutons que cette nouvelle édition, d'un prix très accessible en format de poche, est enrichie d'une trentaine de peintures issues d'une publication de 1926 : paysages et visages dans les règles d'un art nippon tout en raffinement et épure.


Thomas Roman
( Mis en ligne le 23/04/2018 )
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