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L'espion romancier
John Le Carré   Le Tunnel aux pigeons - Histoires de ma vie
Seuil - Points 2017 /  8,20 € - 53.71 ffr. / 456 pages
ISBN : 978-2-7578-6946-8
FORMAT : 11,0 cm × 18,0 cm

Première publication en octobre 2016 (Seuil - Cadre Vert)

Isabelle Perrin (Traducteur)

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On ne présente plus John le Carré (né en 1931). Même sans l'avoir lu, son nom a défilé devant nos yeux depuis plusieurs années, dans un rayon de bibliothèque, sur un générique de film, dans une vitrine de librairie, dans la presse. A 85 ans et après quelques succès littéraires puisant dans le genre du roman d'espionnage (L'Espion qui venait du froid, La Taupe, La Maison Russie, Le Tailleur de Panama) et qui sont autant de solides adaptations cinématographiques, Le Carré décide de revenir sur son parcours d'écrivain mais aussi d'agent infiltré et de diplomate...

Il reprend dans ses mémoires des récits déjà parus ci et là, dans des journaux. De sa carrière d'espion au romancier à succès en passant par l'homme d'influence ou le fils d'un malfrat, sa vie fut quelque peu agitée quoique toujours maitrisée. Le mensonge fut son leitmotiv (pas étonnant qu'il soit passé par la fiction) mais ce ''tunnel aux pigeons'' entend rétablir la vérité... selon, malgré tout, des paragraphes agencés et des propos contenus.

A l'instar d'un Graham Greene ou d'un Frederick Forsyth (qui a publié dans le même style ses mémoires il y a peu), John Le Carré est hélas bien meilleur romancier que mémorialiste. En effet, si le cadre présenté sort de l'ordinaire, le style extrêmement plat et conventionnel peine à nous passionner en dépit des contrées visitées et des personnalités fréquentées. Certes, ''Johnny'' rencontre Arafat - et, dans une moindre mesure, Bernard Pivot (qui, semble t-il, l'a beaucoup marqué !) -, joue les personnages clés d'une guerre froide redoutable et nous balade d'un pays à un autre en passant par ses grandes demeures d'écrivain reconnu. Mais ça ne prend pas. On s'ennuie assez vite ; si l'on voyage beaucoup, on n'est pas transporté. Le romancier, qui évoque davantage qu'il n'explique, est plus doué pour la fiction que pour rappeler ces menues anecdotes. Certes, l'écrivain est malin et reste dans le secret (pas une ligne sur les femmes par exemple), mais cette posture de nanti de la littérature laisse le lecteur sur sa faim.

On espère que la prochaine anecdote sera plus incisive ou développée, que le style dépassera celui d'un simple journaliste-investigateur, mais il n'en est rien. Chaque chapitre se ressemble, pris dans une platitude qui tranche avec les événements racontés. Quelques morceaux de bravoure (notamment lorsqu'il évoque une lettre de Jean-Paul Kauffmann, ex-otage au Liban) montrent que Le Carré a encore quelques tours dans son sac, mais cela fait peu au vu des 450 pages à parcourir. Néanmoins, les passionnés reconnaitront leur maitre, un homme non dénué de générosité dans l'évocation d'une longue expérience politique et littéraire.


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 11/05/2018 )
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